‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 71 sur 1518 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

D. FERNAND, PHlLiriN.

D. FERNAND

Que ce que tu me dis m'embarrasse l'esprit! Est-il vrai, l'iiiliiiiii?

PIIII.IPIN.

Béatrix me l'a dit.

B. FEllNAND.

Que Lucrèce en effet...

PHILIPIN.

Oui, que votre Lucrèce N'aurait jamais pitié de l'ardeur qui vous presse, Qu'en vain vous espériez voir son cœur adouci. Et qu'elle avait sujet de vous traiter ainsi.

D. FERNAND

Enfin de ses mépi'is je devine la cause. Sans doute elle aime ailleurs.

PHILIPIN.

Jecroislamêmechose, Au discours de tantôt je l'ai trop reconnu; Et si le bon vieillard ne fut point survenu, J'allais savoir, monsieur, tout au long le mystère ; Etre (llle suffit pour ne se pouvoir taire, Puisqu'il n'en fut jamais qui, dans l'occasion, Pût garder un secret sans indigestion.

D. FEHNAND.

Si bien que Béatrix...

PHILIPIN.

Cessez d'être en cervelle; [le: J'en saurai toul,vousdis-je, el je vous réponds d'el- Gar, soit pour me trouver l'esprit un peu gaillard,

Soit pour me voir commeelle assez grand babillard, J'ai le don de lui plaire, et surtout la niétlioile[de. Dont nous traitons l'amour n'est pas fort incommo- Ellc n'engage à rien. Mais, monsieur, franchement. Ne vous lassez-vous point d'aimer si constamment'? Autrefoisen tousiieuxvousdisiez : « Je vousaime, » A peine un demi-jour vous étiez k la même; Et cependant Lucrèce, avec tous ses mépris, Vous tient depuis un mois de ses beautés épris ! C'est être bien changé.

D. FERNAND

Philipin, je confesse Que je romps ma coutume en faveur de Lucrèce : Mais écoute, c'est trop te laisser alarmé De ce qu'un même objet soit si longtemps aimé. Si l'amour m'engagea d'abord à son service, [ce : C'estamour aujourd'hui beaucoup moins quecapri- Son peu de complaisance à flatter mon espoir Est l'unique raison qui m'oblige à la voir; Non pas que sa personne en effet me soit chère, Mais parce que je prends plaisir à lui déplaire. Et cherche à me venger, en la persécutant. De la honte que j'ai qu'on m'estime constant.

PHILIPIN.

Quel tort je vous faisais faute de bien l'entendre! Ainsi donc les devoirs que vous semblez lui rendre Ne sont plus un effet de votre passion?

D. FERNAND

jlJe la sers seulement par obstination; El si, quand je lui dis le secret de mon àme, Avec moins de rigueur elle eût traité ma flamme ; Dans ma façon de vivre, et suivant mon humeur. Une autre eût eu bientôt le présent de mon cœur : Mais que mal à propos on prenne un front sévère, Qu'un soupir, qu'un regard fasse entrer en colère, C'est alors que pour mieux mériter ce courroux...

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DON JUAN

J'adore votre fille, el cet objet vainqueir liepms un an eaticr dispose de mon cccur.

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