‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 711 sur 1518 · SCÈNE VI GAMMA, SOSTRATE, SOSIME, PIIÉNICE, suite · texte numérisé non relu

SCÈNE VI GAMMA, SOSTRATE, SOSIME, PIIÉNICE, suite

SOSIME.

Ah! Madame, le roi...

CAMMA

Parle, hé bien?

SOSIME.

Ne vit plus.

SOSTRATE

Quoi, de nos factieux la troupe mutinée...

SOSI.ME.

Non, seigneur, apprenez sa triste destinée. A peine, pour punir leurs nouveaux attentats, Vers le lieu du tumulte il a fait quelques pas. Que dans l'àpre douleur de voir toujours la reine. Malgré sa foi reçue, obstinée en sa haine, Tout à coup il s'arrête, et, poussant de longs cris, Fait voir un changement dont nous sommes surpris. Il agit sur le corps, si sa cause est dans l'àme. Ses yeux sont égarés, son visage s'enflamme; Et, soudain, sous l'effort d'un accès différent. Une froide sueur le rend pâle et mourant. C'est alors que, cédant au tourment qui le presse. Il cherche entre nos bras une aide à sa faiblesse; Et quand de tous côtés on appelle au secours, « Voici l'instant fatal qui doit borner mes jours, A cet ordre éternel c'est en vain qu'on s'oppose. Je meurs, dit-il, je meurs, n'en cherchez point la

[cause ; Je la sais, mais bien loin d'en oser murmurer. Je me trouve en secret contraint de l'adorer. Le ciel, qui tôt ou tard se découvre équitable, Se plaît à me punir par où je suis coupable, Et m'avait bien prédit que, malgré tous mes soins. Je recevrais la mort d'où je l'ai cru le moins. Je la sens qui s'approche, et je mourrais sans peine. Si j'osais me flatter d'obtenir de la reine... » Là, trop pressé du mal qu'il ue peut plus soufl'rir, Achevant de parler, il commence à mourir. Ses soupirs languissants témoignent qu'il expire.

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