PI.AVIE
Mais vous ne dites rien?
FAUSTE
Après ce nom fatal que ma douleur attire, Soupirer et me taire, est-ce ne te rien dire? Et puis-je expliquer mieux qu'en secret trop charmé. Si Sévère m'aima. Sévère fut aimé?
Dans l'estime où pour lui je surprenaismonàme, Maximian, mon père, autorisa sa llamme ; Et je n'eus pas de peine à céder au pouvoir Qui d'un penchant si doux me faisait un devoir. Ainsi, ce pur amour, dont j'ai tu la naissance. Éclata sur l'appui de mon obéissance; Et contrainte à des vœux ([ui n'osaient s'exprimer, Je vis avec plaisir qu'on m'ordonnât d'aimer. Mais, las! Cette douceur me fut bientôt amèrc, Quaudpourdonnerla Gaule on fit choix de Sévère. Général de l'armée, il adore un emploi Où son bras le rendra moins indigne de moi; De ma main en partant il reçoit l'assurance. Vois par là quels malheurs ont suivi son absence. Constantin à me voir trouve un ciiarme pressant. Il m'offre place au trône, et mon père y consent ; J'oppose en vain ma foi par son ordre donnée; Son pouvoir me condamne à ce triste hyménée. J'obéis, il s'achève, on trahit mon amour; Cependant aujourd'hui Sévère est de retour; Et, pour comble de maux, ma gloire m'intéresse