‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 724 sur 1518 · SCÈAE III CONSTANCE, LUCIE · texte numérisé non relu

SCÈAE III CONSTANCE, LUCIE

CONSTANCE

Qui l'eût pensé, Qu'à tant de tyrannie il se fût dispensé. Qu'il eût prêté la main au coup qui m'assassine?

LUCIE

J'en soupire pour vous et tremble pour Licine;

Et si de ce revers votre cœur combattu

N'en trouvait le remède en sa propre vertu...

CONSTANCE

Quel remède, Lucie, et qu'il a d'amertume. Quand l'amour est un feu que le mérite allume, lit que le cœur atteint d'un si charmant poison Obtient pour lui céder l'appui de la raison ! .Non qu'enfin la vertu n'en soit toujours maîtresse. Mais quand à l'étouffer le devoir s'intéresse. C'est un combat atfreux dont la triste rigueur. Du malheur du vaincu fait gémir le vainqueur. Timide à triompher, puni par sa victoire, Il soupire du coup qui l'immole à sa gloire ; l'n tyran, malgré lui, de ses plus chers souhaits, S'il osait ne pas vaincre, il ne vaincrait jamais.

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