‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 728 sur 1518 · SCÈNE V CONSTANCE, SÉVÈRE, LUCIE · texte numérisé non relu

SCÈNE V CONSTANCE, SÉVÈRE, LUCIE

CONSTANCE

J'aspirais à vous voir, Sévère, et ce mérite Dont le brillant éclat pour vous me sollicite. M'oblige à prendre part aux surprenants exploits Qui du trône aujourd'hui vous acquièrent les droits. Pour payer ce qu'on doit k votre grand courage. L'empereur avec vous en résout le partage. Il fait plus, et c'est peu que de vous couronner. Si ma main n'est un prix qu'il me force à donner. J'obéirai, sans doute, et quoi qu'il en arrive, Mon fier devoir tiendra ma volonté captive; Mais s'il faut, pour répondre à cet ordre inhumain, Joindre le don du cœur à celui de la main. Comme je me connais hors d'état de le faire, Je vous estime trop pour vouloir vous le taire. C'est à vous là-dessus à régler vos desseins, Mon bonheur, mon repos, tout est entre vos mains. Peut-être qu'il serait d'une âme magnanime De ne pas abuser d'un devoir qui m'opprime; Mais vous vous connaissez, et jamais on n'eut droit D'exciter un grand cœur à faire ce qu'il doit.

SÉVÈRE

Madame...

CONSTANCE

Adieu. C'est trop, Maximian s'avance.

Je vous ai répondu de mon obéissance; Et sûr à votre choix du nom de mon époux, [vous. Vous m'apprendrez vous-même à bien juger de

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