‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 737 sur 1518 · SCÈNE VI CONSTANTIN , MAXIMIAN , FAUSTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI CONSTANTIN , MAXIMIAN , FAUSTE

CONST.\NTIN.

Madame, on ne peut trop s'étonner de leur crime, Mais à l'examiner, ce qui plus me surprend, C'est que vous le voyez d'un œil indifférent. 11 semble qu'insensible au coup qui me menace

De Licine en secret vous plaigniez la disgrâce. J'observe votre trouble, il m'accable, et j'y voi Plus de pitié pour lui que de crainte pour moi.

FAUSTK.

Seigneur, il m'est bien dur que ma foi soupçonnée Redouble les malheurs où je suis destinée. Mon silence, il est vrai, renferme dans mon cœur Ce que leur triste excès a pour moi de rigueur. Mais, dans un mal qui porte et l'horreuret la crainte. Qui sait bien s'expliquer en ressent peu l'atteinte; Et peut-être jamais de si pressants ennuis N'avaient autorisé le désordre où je suis.

CONSTANTIN

Ah ! si j'étais aimé vous n'auriez pu vous taire. Le crime eût contre un lâche armé votre colère; Et du traître Licine apprenant l'attentat, Pleine d'un vif transport vous auriez fait éclat. Depuis le triste jour que mon amour extrême Vous a, par mon hymen, fait part du diadème, Toujours d'un noir chagrin votre esprit obsédé. M'a fait voir la contrainte où vous avez cédé; La rigueur du devoir éteignait une flamme Qu'un funeste retour rallume dans votre âme; Vous avez vu Sévère, et dans l'appas flatteur Où cette chère vue entretient votre cœur. D'autres présumeraient qu'à lui seul attachée. Le malheur de ma mort vous aurait peu touchée; Et que ce feu secret qu'on ne peut ébranler, Eût trouvé les moj'ens de vous eu consoler; Mais...

MAXIMIAN. [engage;

Contre elle, seigneur, trop d'aigreur vous Au sang dont elle sort ce soupçon fait outrage; Et d'un feu criminel lui reprocher l'ardeur. C'est jusque dans sa source en souiller la splen-

CONSTANTIN. [dour.

En l'état où je suis je ne sais que vous dire. Dans mes honteux soupçons moi-même je m'admire; Mais à les repousser je fais un vain efl'ort, Tou t mon cœur s'abandou ne à mon j aloux transport; Et, dans les sentiments qui viennent me surprendre. Je vois mon injustice, et ne puis m'en défendre. Aussi, pour m'en punir ma vie est en danger. On conspire, on me hait, je veux tout négliger. Prenez soin de la vôtre, et, puisqu'on vous menace, Seigneur, à votre choix, faites justice ou grâce, Punissez, pardonnez, je n'examine rien.

MAXIMIAN

Non, non, votre intérêt l'emporte sur le mien ; Et comme tout l'État en vous seul se hasarde. Le soin le plus pressant c'est de changer la garde. Licine l'a choisie, et sa lâche fureur...

FAUSTE

Seigneur, je prendrai soin des jours de l'empereur, J'en connais le péril.

CONSTANTIN

Ordonnez-en, madame.

Votre empire est toujours absolu sur mon âme, Et, quoi que m'offre à craindre un désespoir jaloux.

MAXIMIAN, ACTli IV, SCÈNE II.

Venant de votre main tout inc scniblora doux.

MAXIMIAN, arrêlaiH Faiislf.

Madame, rempcmiir trompé par votre zèle, Loin de fuir...

FAUST lî.

Son malheur auprès de lui m'appelle, Seigneur; cl du forfait quoi qu'on veuille espérer, Le ciel pour rompre tout daignera m'inspiror.

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