‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 744 sur 1518 · MAXIMIAN, ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

MAXIMIAN, ACTE IV, SCÈNE IV

MAXIMIAX.

Cherchez, cherchez, madame, à le justifier; [prime, Et quelque affront, par là, qui sur mon sangs'im- Pour le faire innocent, chargez-vous de son crime. L'horreurdu fol amourdontvos scnssont blessés, Sans cehonleux aveu n'éclate pas assez, Il faut par uue audace, et l;\che et téméraire...

SÉVÈRE

Seigneur, encoreuncoup, souffrez-moideme taire, Et de l'impératrice épargnant la vertu.

Laissez-moi le pouvoir...

CONSTANTIN'

Lâche, que dirais-tu?

MAXIMIAN. [dre

Seigneur, il faut qu'il parle, et qu'il nous fasseenten- Jusqu'à quelle fureur le crime a pu s'étendre. Uc quoi qu'en l'écoutaut nous puissions être in-

[struits.

Je n'ai plus rien à craindre en l'état où je suis. En vain la vertu seule attira tout mon zèle. Plus de gloire pour moi quand Fausteestcriminelle; Son forfait dontl'image à mesyeux vients'offrir...

SÉVÈRE

Enfin, madame, enfin, je n'en puis plus souffrir; Et quelque fort respect qui m'oblige au silence, C'esttropvoirl'injusticeopprimer l'innocence.

[A Coiislantiu.)

Seigneur, le criminel n'a plus à se cacher. C'est dans Maximian qu'il vous le faut chercher, Lui seul fait conspirer, et, chef de l'entreprise...

CONSTANTIN

Traître, Maximian"?

MAXIMIAN

J'avouerai ma surprise ; Ace coup imprévu je ne sais qu'opposer. Mais je m'accuserais en voulant m'cxcuser, Et ne puis faire mieux pour confondre l'envie, Que laisser ma défense à l'éclat de ma vie.

I CONSTANTIN, à Sévère.

; Ah, lâche! C'est donc là cet important secret 1 Que la jalouse rage abandonne à regret, ! Et d'un crime odieux que l'enfer te suggère, I Tu crois sauver la fille en accusant le père? ' Maisau moins, apprends-nous quel pressantintérêt L'a contraint de ma mort à prononcer l'arrêt? Quand par un noble effortque l'univers admire, Pour régner sur soi-même il a quitté l'empire, Veux-tuqueparun crimeaussi noir que honteux, L'objet de son mépris soit celui de ses vœux?

SÉVÈRE

I A quoi qu'en sa faveur un tel mépris vous force. L'éclat d'une couronne est une douce amorce; I Et quiconque du trône a goûté les appas, En conçoit mieux le prix quand il n'en jouit pas. I A son ambition vous serviez de victime. Il m'a dit son secret, et c'est là tout mon crime. J'ai vu l'impératrice, et cru que ses avis |Pour rompre l'attentat doivent être suivis. ' Ce billet prévenant de lâches artifices,

Dérobe votre sang aux fureurs des complices, Qui par Maximian secrètement armés A l'envi contre vous se fussent animés. Votre perte était sîlrc à les vouloir entendre. Leur crime découvert le pressait d'entreprendre, Il voyait tout facile, et Liciue arrêté Faisait de ses desseins rentière sûreté. C'est à vous là-dessus d'être juge équitable, Licine est innocent, vous voyez le coupable; Et j'expose à vos yeux, sans plus rien vous cacher, Tout ce que dans son crime on peut me reprocher.

CONSTANTIN

Mais, si par ce billet ta trahison connue Ne t'en eût pas fait voir la rage prévenue. Sans nommer ce coupable, et me rien découvrir, Ton jaloux désespoir m'aurait laissé périr?

SÉVÈRE

Pour l'arracher au crime où le trône l'engage. J'aurais mis en secret toute chose en usage; Et si tous mes efforts n'eussent pu l'émouvoir. Le péril redoublant je savais mon devoir.

MAXIMIAN

Ah! Puisque ce devoir était inébranlable,

Tu devais m'accuser quand tu me sus coupable.

Et ne t'exposer pas à te voir condamné

Par le honteux silence où tu t'es obstiné.

La gloire de Licine indignement ternie.

Demandait ton secours contre la calomnie;

Mais à ta lâcheté mon déplaisir consent.

Je suis seul criminel, Licine est innocent.

Je ne demande point qu'à force de supplices

On tire un juste arrêt de l'aveu des complices;

Loin de vouloir par eux justifier ma foi.

Je t'offre dans ma fille un témoin contre moi.

Il est temps qu'elle parle, et qu'aidant l'impos-

Cc nouveau parricide accable la nature, [turc

Le sang contre l'amour s'explique vainement;

Et ce n'est rien qu'un père, où l'on sauve un amant.

FAUSTE

Dans les cruels soupçons que mon malheur attire.

Après ce que j'ai dit, je n'ai plus rien à dire.

C'est à l'empereur seul à bien examiner

Ce qu'il adroit d'absoudre, ou droit de condamner;

Ou plutôt, le péril étant toujours extrême.

Il doit pour s'en sauver ne croire que soi-même,

Se défier sans cesse et, pour sa sûreté,

Voir et craindre partout de l'infidélité.

CONSTANTIN

Ilolas! Pour mon repos, ainsi que pour ma gloire, Jt: ne connais que trop ce qu'il faut craindre et croire; El d'un feu criminel l'espoir trop écouté, l'ourvoirtousmes malheurs m'offre assez de clarté. Il périra, le traître, et ma rage secrète. Du moins, par son trépas se verra satisfaite; Non que dans l'atlentat il puisse être accusé, Que d'avoir su le crime, et l'avoir déguisé. Vous seule avec Licine aviez juré ma perte, 11 trouve à son retour l'occasion offerte; Et ne peut refuser de prêter quelque appui

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