‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 743 sur 1518 · CONSTANTIN, MAXIMIAN, FAUSTE, SÉVÈRE, MAXIME, SUITE · texte numérisé non relu

CONSTANTIN, MAXIMIAN, FAUSTE, SÉVÈRE, MAXIME, SUITE

CONSTANTIN

Parlez, parlez, madame.

Et par le noble éclat d'un généreux amour. Faites-nous voir Sévère innocent à son tour. Comme avec tant de zèle il prend votre défense, Vous devez quelque chose à la reconnaissance; Et ce sera pour vous un reproche éternel. Si, lorsqu'il vous absout, il reste criminel.

FAUSTE

Seigneur, n'attendez pointqu'en faveur de Sévère Je cherche à déguiserce qu'on ne peut plus taire. Ce billet nous accuse ; et ce qu'il vous apprend De notre intelligence est un trop sur garant. Nousavonscru tousdeuxdevoirsuivreunbeauzèle; Je l'ai rendu coupable, il me rend criminelle; Mais, quoique l'un et l'autre en soient moins inno- G'esl un crime louable où la vertu consent, [cent. Dans les divers malheurs où le destin m'engage. Il ne m'est pas permis d'en dire davantage. Des conjurés saisis le dangereux appas Découvre l'enlreprise, et ne la détruit pas. Vous voyez de nouveau le péril où vous êtes. Appréhendez partout des pratiques secrètes; El pour conseil utile en de si lâches coups, Si vous le voulez fuir, n'en prenez que de vous.

CONSTANTIN

Ah, que de ce conseil j'ai sujet de me plaindre ! Pour confondre mes soins il m'obligea tout crain- Et le péril partout qu'il m'offre à redouter, [dre; Force mou désespoir de m'y précipiter.

Vous serez satisfaite, et, puisqu'à votre crime La vertu peut prêter un appui légitime. De mes jours odieux le sacrifice offert Rendra le coup facile à la main qui me perd: Vous aurez la douceur d'immoler à Sévère Cet époux qu'à sa flamme il trouva si contraire; Et, malgré les transports de mon juste courroux. J'ai pour vous trop d'amour pour me garderde vous; Mais, quoiquede vos vœux jeme rende complice, J'empêcherai dumoinsqueringratn'enjouissc; Et si ma mort a droit d'adoucir vos malbeurs, La sienne auparavant vous coûtera des pleurs.

FAUSTE

J'aurai licud'en donner au malheurqui l'accable, Puis(iae c'estmalgré lui qu'il s'esl rendu coupable, Et qu'à mes intérêts s'osant sacrifier...

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