SCÈNE IV ÉRIXÈNE, PIIÉNICE
ÉRIXÈNE.
Ah, ciel! Où me vois-je réduite?
PHÉNICE
De ce jaloux transport il faut craindre la suite. Persée est violent, et, dans son désespoir. Le sang pour l'arrêter aura peu de pouvoir. De ses vœux rebutés l'impatient outrage Contre Démétrius auimera sa rage; Et vos dédains pour lui hautement confirmés, La vont rendre funeste ;i ce que vous aimez.
ÉRIXÈNIÎ.
Quel conseil prendre, hélas! dans ce désordre ex- PHÉNicE. [trèmo?
Vous devez accepter l'olTre d'un diadème. Si pour Démétrius c'est montrer peu d'amour, La constance n'est pas une vertu de cour; Et le cœur le plus ferme aisément se pardonne Une infidélité qui vaut une couronne.
ÉBIXÈ.NE.
Ah! Si pour moi ton zèle a quelque droit d'agir. Ne me conseille rien qui m'oblige à rougir. Contre Démétrius sollicitant ma flamme, Les défauts de Persée ont-ils frappé ton àme. Et pourrais-tu soudrir qu'au mépris de ma foi L'orgueil qui l'accompagne eût des charmes pour PHÉNicE. [moi?
Si dansunraug si haut l'orgueil est condamnable, Démétrius, madame, en est-il incapable, Et, quand vous estimez les devoirs qu'il vous rend, Savez-vous quelle part l'ambition y prend? On dit qu'il veut régner; et, dans cette pensée, S'il ne peut arracher la couronne à Persée, C'est un espoir en lui facile à pénétrer Que les droits de la Thrace où vous pouvez rentrer.
ÉRIXÈNE.
Ces bruits d'ambition dont on ternit sa gloire Découvrent dans Persée une âme basse et noire; C'est par là qu'il prétend le punir aujourd'hui D'avoir osé montrer plus de vertu que lui. Sa haine dangereuse autant qu'elle est couverte, Fait naître ces soupçons pour avancer sa perte; On m'a de tout instruite; et, si jusques ici Démétrius n'a pas...
PHÉNICE
Madame, le voici.