SCÈNE VII PHILIPPE, ANTIGONUS, suite
ANTIGONUS
Ah, seigneur !
D'un peuple mutiné redoutez la fureur;
Il sait la mort du prince, et tant de violence Suit la rage où le porte une aveugle vengeance, nu'ayanl trouvé Didas qui rentrait au palais, Ou l'en a vu sur lui pousser les premiers traits; Mais c'est peu que d'abord il l'ait pris pour victime, l>e Persée à hauts cris il déteste le crime, La menace est mêlée à d'insolents discours. Et s'il s'osait montrer, je craindraispour ses jours.
PHILIPPE
Qu'il périsse, aussi bien de sa jalouse haine Il faut que tôt ou tard il ressente la peine. C'est elle dont l'ardeur pour régner sûrement, M'en a fait partager l'indigne aveuglement. Le ciel l'a pu souffrir; mais, s'il lui rend justice, Ce qui causa son crime en fera le supplice; Et ces mêmes Romains qui l'ont tant fait trembler, Sous le poids de leurs fers le sauront accabler. La honte du triomphe à son orgueil est due. Mais, à quoi mes ennuis, arrêtez-vous ma vue ? Démétrius attend les honneurs du tombeau, 11 a cessé de vivre, et je suis son bourreau. A ce penser affreux ma constance me laisse. Prêtez, .\ntigonus, quelque aide à ma faiblesse; Et qu'on me mène ailleurs, après un tel malheur, Sous mes tristes remords expirer de douleur.