ANTIOCHUS, ACTE II, SCÈNE III
Qu'un prince à l'cnricliir a montré son pouvoir. Outre que je Ja trouve en ce lieu solitaire Où l'on voit chaque jour Anlioclnis se plaire. Sous ces arbres touffus dont l'agréable frais, Pour qui cherche à rêver, a de si doux attraits. Crois-moi, de mes soupçonsla preuve est convain-
BAHsiNK. [cante.
S'ils ne vous trompent point, la disgrâce est touchan- Carc'enestune enfin, sousqui tremblerd'efîroi [te. D'être rival ensemble, et d'un père, et d'un roi, Mais d'un roi qui d'ailleurs adore Stratonice.
.^nsi.NoÉ.
Il faut que cet amour aujourd'hui s'éclaircisse : Cette boîte y peut tout, et, pour m'en assurer, Aux yeux dAntiochus je n'ai qu'à m'en parer. De son trouble à la voir penses-tu qu'il soit maître ?
BARSIXE.
Le feu qu'il tient caché par là se peut connaître. Mais n'oubliez-vous point ce que vous avez fait. Que par vous cette boîte a changé de portrait? Pour celui de la reine elle enferme le vôtre.
ARSIXOÉ.
C'est exprès que le mien tient la place de l'autre.
A moins qu'un tel échange aidât à m'éclaircir.
En vain par cet essai j'y croirais réussir.
Le prince aurait sur soi peut-être assez d'empire
Pour ne rien laisser voir de ce qu'il n'ose dire.
Et, sur quelque prétexte, il pourrait trouver jour
A reprendre un portrait si cher à son amour;
Au lieu que par la boîte ayant un sur indice
Que je garde en mes mains celui de Slratouice,
L'ardeur de retirer ce dépôt précieux,
Lui fera découvrir ce qu'il cache le mieux;
Ou, s'il peut me laisser en quelque incertitude.
Du moins je jouirai de son inquiétude.
Il parlera par elle ; et quand... Mais je le voi ;
Pour le contraindre moins, Barsine, éloigne-foi.