‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 814 sur 1518 · SCÈNE II SÉLEUCUS, STR.^TONICE, AMIOCHIS, PHÉ.MCE · texte numérisé non relu

SCÈNE II SÉLEUCUS, STR.^TONICE, AMIOCHIS, PHÉ.MCE

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SÉLEUCUS

Qu'avez-vous fait pour moi? Vous avez vu mon fils, Madame, et de vos soins je me suis tout promis : Dansletroubleoùrengage un destin tropcontraire, A-t-il pu vous cacher ce qu'il aime à nous taire?

ANTIOCHUS

S'il était quelque soin qui le pût adoucir, Les bontés de la reine auraient dû réussir ; [b\e, Mais, dans mes seus confus, seigneur, lelest cetrou- Que plus on le combat, plus je sens qu'il redouble; Et, malgré moi, sans cesse interdit, étonné...

STRATOXICE.

A d'éternels ennuis il se croit destiné; Mais, quel que soit le mal à qui sa raison cède. Peut-être est-il aisé d'en trouver le remède? Et l'on n'ignore pas où l'on doit recourir. Quand on n'a dans un cœur que l'amour à guérir.

SÉLEUCUS

Quoi, mon fils aimerait?

ANTIOCHUS

Qu'avez-vous dit, madame?

STRATOXICE.

Oui, seigneur, son chagrin est l'efTet de sa flamme ; Son cœur de son secret obstinément jaloux...

ANTIOCHUS

Ah! madame, est-ce là ce que j'ai cru de vous?

SÉLEUCUS

N'eu rougis poini, mon lils; si l'aveu t'en fait honte.

Vois qu'il n'est point de cœur que l'amour ne sur- Et, pour autoriser celui qui t'a surpris, [monte; Songe que ton père aime avec des cheveux gris. Quelques brûlants transporis où celte ardeur t'en- Puis-je le condamner quand j'adore la reine, [traîne. Et préfère, en l'aimant, la gloire de ses fers A celle de me voir maître de l'univers? Aime donc, puisqu'enfln aimer n'est pas un crime. Mais aime pour te rendre un secours légitime : Quelque cœur que l'amour te force d'attaquer. Pour voir finir tes maux tu n'as qu'à t'expliquer.

ANTIOCHUS

Seigneur, trop de bonté pour moi vous intéresse : J'aime,envainjevoudrais vouscachermafaiblesse: On vous en a trop dit, mais enfin, c'est du temps Que dépend dans mes maux le secours que j'attends; Vaincre ma passion en est le seul remède.

SÉLEUCUS

.\ tant d'aveuglement se peut-il qu'elle cède. Que dans ce qu'autorise un absolu pouvoir, Tu n'oses lui souffrir la douceur de l'espoir? Vois dans toute r.\sie : a-t-elle aucune reine Qui dédaignât l'honneur d'avoir causé ta peine? Ou, s'il te plaît d'aimer dans un destin plus bas. Pour l'élever à toi choisis qui tu voudras. Ma tendresse y consent, et tu n'as rien à taire.

ANTIOCHUS

Je me vaincrai, seigneur, c'est tout ce qu'il faut faire.

SÉLEUCUS

Hâtez la guérison d'un amant trop discret, Madame, vous savez le reste du secret.

STRATONICE

Oui, seigneur, et je puis...

ANTIOCHUS

Ne dites rien, madame, Vous n'avez que trop fait d'avoir trahi ma flamme ; Bornez là des malheurs qu'on ne peut réparer, Et laissez-moi mourir sans me désespérer.

STRATONICE

Souffrir que sous l'amour un si grand prince expire t Ce portrait vous dira ce qu'il n'ose vous dire. Seigneur, voyez pour qui son cœur est prévenu.

-VXTIOCHUS, pendant que Séleucm regarde le porlrail.

Enfin, l'on sait mou crime, et tout vous est connu ; L'astre qui m'en a fait un destin nécessaire. Dérobe à mon respect la gloire de me taire; Et, pour comble d'horreur dans un mal si pressani, 11 ne m'est plus permis de mourir innocent : C'était par là pourtant que je flattais ma peine; Et, si j'ai découvert mon secret à la reine. J'avais quelque sujet de croire qu'à son tour Elle voudrait m'aidera cacher mon amour. L'aveu qu'elle en a fait demande mon supplice, Ûrdouncz-le, seigneur, et vous faites justice; Déjà ce que pour vous j'y prenais d'intérêt, Par l'exil que je presse avait fait mou arrêt.

0 vei tu sans exemple I 0 cœur trop magnanime ! Ne parle point, mon fils, ni d'exil ni de crime;

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