‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 821 sur 1518 · SCÈNE VI ARSINOÉ, TIGRANE, BARSINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI ARSINOÉ, TIGRANE, BARSINE

TIGRANE

Madame, c'est donc là...

ARSINOÉ

Vous n'êtes pas à plaindre Autant que votre amour vous engage à lecraindre. Quelque ordre dont l'éclat menace votre espoir. Il suffit que c'est moi qui dois le recevoir.

TIGRANE

Contre l'ordre du roi, que peut votre constance?

ARSINOÉ

Par lui, par son aveu ma flamme a pris naissance, Tigrane ; et c'est assez pourm'acquérir les droits. D'appuyer hautement la gloire de son choix.

TIGRANE

A suivre ce projet, quand le prince vous aime, Songez-vous que déjà sa langueur est extrême. Qu'on en voit chaque jour redoubler les accès, Qu'on tremble de sa suite?

ARSINOÉ

Attendez le succès.

TIGRANE

Il y va de sa vie; et, quand le péril presse, Vous voulez...

ARSINOÉ

Sa vertu bannira sa faiblesse.

Ou, s'il essaie en vain de contraindre ses vreux, Le roi n'a qu'à vouloir, et le prince est heureux.

TIGRANE

Et ne le veut-il pas quand son ordre m'arrache...

ARSINOÉ

Votre heur est toujours sûr, quelque ombre qui le Ne vous alarmez point. [cache,

TIGRANE

Quoi, garder quelque espoir. Quand pour le rendre heureux le roi n'a qu'à vou-

ARSiNOÉ. [loir?

Je vous le dis encor, malgré votre surprise, La guérison du prince au roi seul est remise; Mais il est dangereux, en de tels embarras. D'oser trop expliquer ce qu'on ne comprend pas.

TIGRANE. [dre :

C'est sans m'expliquer rien que je puis vousenten- Qu'a mon malheur d'obscur pour nele point com- Ne vois-je pas... [prendre?

ARSINOÉ

Adieu. Gardez toujours ma foi, Je vous en dirai plus quand j'aurai vu le roi.

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