‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 822 sur 1518 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

STRATONICE

Flatteuse illusion que j'ai trop osé croire. Doux abus de mon cœur par mes désirs trompé, Cessez, pour me punir, d'opposer à ma gloire Le pouvoir que sur lui vous avez usurpé. D'un vrai mérite en vain j'eus peineàme défendrai En vain je l'écoutai sur la foi de l'amour; S'il triompha par là de ce cœur faible et tendre, Lenobleetjuste orgueil qui cherche à me le rendre, En doit triompher à son tour.

Oui, pour en arracher cette estime enflammée Dont mon devoir trop tard se sentit alarmer, Il suffit de l'afl'ront de n'être point aimée, A qui sur cet espoir s'était permis d'aimer. Vois donc avec mépris tout ce qu'eut d'estimable Ce prince qui sur toi prenait trop de pouvoir ; Mais, d'un pareil effort est-on sitôt capable. Et, pour cesser d'aimer ce que l'on trouve aimable. Hélas! n'a-t-on qu'à le vouloir?

Je sais que le dépit qu'un autre objet l'emporte Semble jusqu'à la haine attirer tous nos soins.

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