LAODICE, ACTE II, SCÈNE IV
Qu'aujoiirtlhiii de nouveau ma foi vous sacrifie; Et tout mon sang pouf vous répandu mille fois Ne pourrait m'acquitter de ce que je vous dois. Après m'avoir déjà, par un effort d'estime. Élevé dans un rang glorieux et sublime, Quoi qu'oppose le peuple, ou pense le sénat, Du trône à mou destin vouloir joindre l'éclat, Et par tout ce qu'aux rois il donne d'avantage. Dans votre créature achevez votre ouvrage. Madame, s'il se peut, pénétrez dans aion cœur Ce qu'un zèle soumis y renferme d'ardeur. Voyez-y ce qu'il faut enfin que vous explique...
LAODICE
Le mien prend quelque part à cette politique; Et j'aime les raisons qui semblent me forcer A l'hymen où pour vous je me veux abaisser. Le peuple qui par vous depuis longtemps respire, ■Vous verra, sans regret, possesseur de l'empire; Et si Rome s'en plaint, il lui sera permis D'attaquer un héros protecteur de mon fils.
ARrAHATE.
Ah! Puisque de ce fils l'intérêt seul vous presse De ne pas confier le trône à la princesse. Il ne faut plus cacher...
LAODICE
Oui, ce serait en vain Que je voudrais encor déguiser mon dessein. Comme il est résolu je consens qu'il éclate.
LAODICE, ARIARATE, ANAXANDRE, CLÉON'E.
LAODICE, à Anaxandre.
Prince, j'entends toujours parler d'Ariarate, On dit qu'il va paraître, et ce bruit est trop fort Pour me croire permis de régler votre sort. Entre de grands rivaux qu'un doux espoir engage A soumettre à ma fille un noble et pur hommage. Ce fils que les deslins vous réservent pour roi, Le diadème au front choisira mieux que moi. Le peuple cependant chaque jour l'ait connaître Qu'attendant qu'il se montre il veut un second maî- Qui commande, exécute, et puisse avec éclat [tre, M'aider à soutenir le grand poids de l'État. Aux dépens de ma main il faut le satisfaire; Et je crois que mon choix aura droit de lui plaire. Quand il saura qu'Oronte élevé jusqu'à moi...
ANAXANDRE.
Quoi, c'est parvotre hymen que nousauronsunroi. Madame, et sur un bruit qu'exprès on a fait naître. Il nous faut recevoir un inconnu pour mailre'?
LAODICE
Prince, n'abusez point d'un excès de bonté Qui m'oblige à soullrir votre témérité; Je sais ce que je dois à l'Etat, à ma gloire.
ANAXANDKE.
Oronte! Et le sénat voudra-t-il vous en croire. Lui, qui pour vos sujets dont il soutient les vœux.
Demande un digne maître, et non pas un heureux? Soufl'rira-t-il qu'un trône, où depuis tant d'années La naissance est l'appui des têtes couronnées, Où la splendeur &a sang...
C'est trop, n'achevez pas.
Oronte est inconnu, son sang peut être bas. Je le sais comme vous, mais, quoi qu'il en puisse être, Malgré vous, malgré Rome, il sera votre maître; Et si quelque insolent murmure de mon choix. Je suis reine, et le sceptre est la foudre des rois.