‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 853 sur 1518 · SCÈNE I AXIANE, ARIARATE · texte numérisé non relu

SCÈNE I AXIANE, ARIARATE

AXIANE

Je veux bien l'avouer, que malgré votre flamme Je m'étais atlendue à cette grandeur d'àme. Et n'avais point douté qu'un si dur changement Ne laiss.ît triompher le héros de l'amant. Mais je l'avoue aussi, ce que le ciel m'envoie N'obligeait pas Oronte à montrer tant de joie; Et perdant ce qu'il aime, un cœur bien amoureux Etlt pu se dispenser d'être si généreux.

ARIARATE.

Dans les bras d'un rival voir passer ce qu'on aime, Est sans doute un malheur plus grand que la mort Je le sais; mais malgré ce désespoir jaloux, [même, En vous osant aimer je ne puis voir que vous. Ainsi, quand ma princesse acquiert le nom de reine, Je n'examine point si ma perte est certaine; Ce haut rang où l'élève un destin éclatant. M'offre tout ce qu'il faut pour me rendre content. Cet objet seul me frappe ; et, dans la chère idée Dont par votre heureux sort j'ai l'àme possédée, Un aimable transport me fait imaginer

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