SCÈNE IV AXIANE, AHIAHATE, ALCIiNE
AXIANE
Que faut-il que je croie?
Après les plus beaux vœux à mon rang immolés. Se pourrait-il qu'Oronte... Ah! De grâce, parlez. Quoi que de votre sort la reine ait pu m'apprendre. Je crains que mon amour n'ait voulu trop entendre. Que d'une erreur flatteuse il n'ait trop cru l'appas.
AHIAHATE.
Non, croyez cet amour, il ne vous trompe pas. Je suis Ariarate; et si de ma naissance Je vous ai dérobé toujours la connaissance, J'ai voulu par mes soins mériter d'être aimé. Sans que le trône eût part au feu qui m'a charmé. D'ailleurs, je m'assurais de l'esprit de la reine.
AXIANE
D'un peuple ému contre elle on doit craindre la
Il s'assemble, il menace, et crieà haute voix [haine.
Que d'une parricide il abhorre les lois.
Que lorsque sa fureur contre son sang éclate,
Ne l'en oser punir, c'est perdre Ariarate.
La suite est dangereuse, et dans un pareil sort...
ARIARATE.
Le peuple a su déjà venger ma fausse mort; Et ce hardi tumulte où sa crainte l'engage De sa fidélité me donne un nouveau gage. Mais il faut le calmer, et c'est ce que je puis.