SCÈNE VI
ARIARATE, AQlilLIUS, AXIANE, PHRADATE, ALCINE.
PHRADATE.
Ah ! seigneur, la reine ne vit plus.
ARIARATE.
Ociel!
AQUILIUS.
Quoi, desmutins l'aveugle et prompte audace...
PHRADATE.
Non, seigneur, apprenez quelle est cette disgrâce. Ayant su que le peuple au palais amassé. Pour voir son nouveau maître avait déjà pressé, Sur l'appui d'un balcon obstinée à paraître, La reine aux factieux se fait d'abord connaître, Et sa vue aussitôt animant leur fureur, Tous pour elle à la fois ont marqué de l'horreur. Joignant insolemment l'injure à la menace, Duplussanglantreproche ils armaient leuraudace, Quand d'un ton, qui de loin pouvait être entendu, « Va, >i dit-elle, « sans toi je sais ce qui m'est dû. Peuple lâche, et de qui les timides maximes T'ont fait jusques ici dissimuler mes crimes, Sans moi, qui contre moi te veux prêter mon bras, Tu tremblerais toujours, et ne punirais pas. » Là, tirant un poignard dont elle était saisie. Avant qu'on l'ait pu voir elle a tombé sans vie. Un seul coup, malgré nous, a terminé son sort.
ARIARATE.
0 fils trop malheureux ! 0 déplorable mort !
AQUILIUS.
Le ciel est équitable, et le fait bien connaître. Mais le peuple, seigneur, soupire après son maître, Forcez voire douleur, et, pour prix de sa foi. Allons lui faire voir et sa reine et son roi.