‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 907 sur 1518 · LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE III, SCÈNE VI

Dans ce lieu par hasard, j'ai rencontre madame Qui parlait pour affaire à quelqu'un desesgens.

LA MO.NTAG>E.

Diable, que vous savez bien prendre votre temps? Ces tristes songe-creux valent pis que les autres. N'importe, vous avez vos desseins, nous les nôtres ; Et chacun a les siens en son particulier. Courage, rira bien qui rira le dernier.

LA TANTE, ù La Montagne.

En désespérez -vous ?

{Bas à Lisetie).

Si tu savais, Lisette...

LA MONTAGNE

J'ai toujours bon espoir, et connais ma planète. Sans rien dire pourtant, je vois ce que je voi, Mais, patience.

LA TANTE

Enfin, vous vous plaignez de moi.

LA MONTAGNE

Hé, non pas tout à fait, mais il faut laisser faire, Tout vient avec le temps.

LA TANTE, bas à Liseite.

Vois Léandre se taire ; Qu'il est chagrin !

LA MONTAGNE

Toujours quelque mot en passant A votre confidente.

Il est fort innocent.

LA MONTAGNE

Au diable qui s'y fie. Entre vous autres belles. Mille cœurs friponnes passent pour bagatelles; El de vos yeux malins, si j'en crois le fracas, La multiplicité ne vous en déplaît pas. Sur monsieur l'Auvergnat vous faites fond mais

LA TANTE. [baStC !

C'est à tort que...

LA MO.>iTAGNE.

Vosyeuxontje ne sais quel faste, Un certain aigre-doux si savoureux pour moi. Que je pâme damoursitôt que je vous voi. Quand nous marierous-uous, ma reine? sur mon Je n'en puis plus. [àme,

LA TANTE

11 faut modérer votre flamme.

LA MONTAGNE

Sans cesse, auprès de vous, le cœur me fait tic tac. Tàtez.

LA TANTE

Ah!

LA MONTAGNE

'Vous craignez ce diable d'Auvergnat?

LA TANTE

Mais s'il vous entendait?

Hé bien, ai-je à lui plaire?

Je m'en ris.

ANGÉLIQUE, à Oronle qui l'avait entretenue tout bas.

Non, monsieur, il n'est pas nécessaire.

LA TANTE, Ù Angélique.

Qu'est-ce qu'il vous propose?

OBONTE.

Un seul tour de jardin.

Mais elle en fait scrupule.

LA MONTAGNE

Ah! C'est jouer au fin.

LA TANTE, à AngiUque.

Vous y pouvez aller.

LA MONTAGNE

Je découvre la pièce.

Ce qu'il sent pour la tante, il le dit à la nièce, Et ne pouvant ici parler comme il l'entend, La confidence marche.

LA TANTE

U est persécutant.

Quoi, toujours soupçonner?

LA MONTAGNE

Bon pied, bon œil, ma tanic.

Je ne saurais avoir l'àme trop surveillante; Et comme, sans dessein, il ne peut s'éloigoer, Au jardin, tout exprès, je vais l'accompagner. S'il raisonne, du moins je saurai qu'il raisonne.

Je ne l'entretiendrai que de votre personne. De ce que vous valez.

LA MONTAGNE

Sans vanité, je croi Qu'il est quelques barons plus mal taillés que moi. Ce port, cette action? Ah, ma tante très chère. Si vous connaissiez bien tout ce que je sais faire... Mais ils sortent, ma foi, je veux suivre leurs pas.

LA TJINTE, à Lisette.

Allez avec ma nièce, et ne la quittez pas.

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