‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 910 sur 1518 · SCÈNE I ORONTE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I ORONTE, LISETTE

ORONTE

Puisqu'il faut essuyer encor celte corvée,

Sois témoin de quel air ma flamme est éprouvée :

Ne quitte point, Lisette, et demeure avec nous.

LISETTE

Vous ne vous sentez pas d'un si cher rendez-vous? Vos yeux brillent de joie.

Elle est étincelante.

Mais n'as-tu point appris ce que me veut la tante?

LISETTE

Non; je sais seulement qu'elle m'a dit tout bas Qu'à vous prendre à quartier je ne manquasse pas, Qu'avec vous du jardin ici je me rendisse.

ORONTE

De ses jaloux soupçons il faut fuir la malice : Le refus d'y venir pourrait les éveiller.

LISETTE

Ma foi, nous n'avons pas trop sujet de railler. Dans la rage d'amour où son penchant l'engage, Quoi que pour l'éblouir vous mettiez en usage, Elle vous va serrer le bouton de bien près.

ORONTE

Mais, ayant fait Léandre épris de ses attraits, Cette amorce jetée au moins saura suspendre...

LISETTE

C'est vous être fort mal adressé qu'à Léandre; Ce jeu déjà lui semble un ennuyeux parti.

ORONTE

Je ne sais pas encor comme il eu est sorti : Seulement tout riant, sans marques de ([ucrclle.

Il est venu nous joindre au jardin avec elle. Et m'a dit en passant que je l'avais joue.

LISETTE

Croyez (|u'il vous aura tout franc désavoué.

Qu'importe? J'aurai droit de soutenir sans cesse. Qu'il immole à mon feu la douleur qui le presse, El qu'ainsi je serais et sans cœur et sans foi. Si je faisais pour lui moins qu'il ne fait pour moi. Mais la voici.

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