LE DARON D'ALBIKRAG, ACTE IV, SCÈNE V
Le sang rendait l'hymen impossible entre nons?
onoNTE.
Lorsque l'amour est fort, hélas! peut-il se taire? Ah! l'ourquoi suis-je né le fils de voire frère? Qu'il m'en coûte à la fois de gloire et de bonheur!
LA TANTE
Vous vous en faites donc un sensible malheur?
ORONTE
Tel qu'il passe du ciel tout ce que peut la haine.
LA TANTE
C'est trop, je ne vous puis plus longtemps voir en Consolez-vous. peine,
ORONTE
De quoi?
LA TANTE
Ce frère prétendu...
ORONTE, bas.
Je tremble.
LA TANTE
Il ne m'est rien.
ORONTE, d Liselle.
Ah ! Me voici perdu.
LISETTE, (i la tante.
Votre frère l'Anglais n'est pas votre vrai frère?
LA TANTE
Non. Quand l'hymen joignitetsonpère et mamère, Nous étions déjà nés chacun d'un premier lit, Dès l'enfance, par là, l'amitié nous unit; Les noms de frère et sœur l'ont depuis confirmée.
ORONTE
Lisette.
LISETTE, bas ù Oronte.
M'en voilà pour vous toute alarmée.
Vous l'échapperez belle en parant celui-ci.
LA TANTE
Donc pour la parenté n'ayez aucun souci. Lisette ira ce soir nous chercher un notaire. Et demain en secret... Mais, quoi, c'est vous déplaire?
Le chagrin qui vous prend me le fait assez voir.
ORONTE
Que ne vous montre-t-il où va mon désespoir? Vous y seriez sensible, et forcée à me plaindre.
LA TANTE
Sachons doncle molifquim'ypourraitcontraindre; Pourlefils démon frèreil n'est point d'embarras...
OBONTE.
Ne parlons plus d'un nom qui ne m'appartient pas : Pour me faire son fils c'est trop user d'adresse, Jamais il n'eut d'intrigue avec une comtesse; Léandre ne l'a feint que pour vous déguiser Qu'Oronte, (luoiqu'amant, ne vous peut épouser.
LA TANTE
Qui l'en empêcherait?
OHONTE.
Le malheur qui m'accable.
LA TANTE
c'est ne rien dire.
Mais..,
ORONTE
Hélas! ([ue je suis misérable!
Contre un téméraire armez votre courroux.