LE FEINT ASTROLOGUE, ACTE III, SCÈNE III
A me faire savoir le nom de votre amant. C'est une circonstance où vous manquez encore, J'en dois cMro inlornié; non pasque je l'ignore. Car cnlin avouez qu'étant né de bon sang, Il a fort peu de bien pour soutenir son rang, Que nous sommes tous deux environ du mémo âge.
LÉONOR
Je ne le puis nier.
D. TEnNAND, « Philipill.
C'est lui-même. Courage.
(4 Léonor.) Peut-ôti'e croirez-vous qn'avecpeii déraison, Puisque Je le connais, je demande son nom ? Mais si je ne l'apprends de votre propre bouche, Je ne puis satisfaire au désir qui vous touche. Notre art de ce tribut se rend un peu jaloux.
LÉONOR
Hélas, qu'à prononcer ce nom me sera doux! Don Juan de Roxas est l'amant que j'adore : Ce secret révélé, que faut-il dire encore?
D. FERN.iND.
Puisque la mer enfin ne m'embarrasse plus, Madame, il ne me reste aucun lieu de refus : Hegaitlez-moi l'œil fixe.
LÉONOR
0 tille fortunée !
D. FERXAND.
Montrez-moi votre main. Quel jour êtes-vousnée?
LÉONOR
Le onzième de juillet.
D. FERNAND
Enfin vous voulez voir Cet amant si chéri ?
LÉOXOR.
S'il se peut dès ce soir.
De ce désir mon âme est si fort possédée...
D. FERNAND
Il me faut faire un pacte avecque son idée :
Ce charme est innocent, mais pour un tel dessein
J'ai besoin d'un billet écrit de votre main.
LÉO.NOR
Puis-je rien refuser pour ce que je souhaite?
D. FERNAND
Je le déchirerai ma figure étant faite. Dépêche, Philipin, de l'encre et du papier.
LÉONOR, à Jacinte.
Hé bien, qu'en penses-tu?
JACI.NTE.
Madame, il est sorcier; Et si vous écrivez, c'est chose indubitable Qu'il portera soudain votre billet au diable ; On parlera de vous ce soir dans le sabbat, Le bel honneur pour vous !
LÉONOR
Ton cœur trop tôt s'abat; Et pour mon intérêt tu te mets trop en peine.
D. FERNAND, lui présentant la plume.
Je m'en vais vous dicter, écrivez.
PHILIPIN, rt Jacinte, pendant que Léonor écrit.
Hé bien, reine ?
JAfilNTE.
Que ton maître est savant!
PHILIPIN.
Bien plus qu'il ne parait.
JACINTE
Je pense qu'avec lui tu peux bien marcher droit, Puisqu'il litdanslescœursen voyant les personnes.
PHILIPIN.
Quand il en sait le nom, c'est assez.
Tu ni'étonnes :
Comment se peut cela, n'en sachant que le nom?
PHILIPIN.
C'est que toujours en poche il a queli[ue démon.
JACINTE
Un démon ! Et tu sers un tel maître?
PHILIPIN.
Qu'importe?
Un diable quelquefois n'est pas mauvaise escorte. J'entends un familier, ne t'épouvante pas. D. FERNAND, li Léonor.
Votre nom manque encore, il faut le mettre au bas.
LÉONOR
Est-ce assez ?
D. FERNAND
Oui, madame.
LÉONOR
Adieu, je vous le laisse ; Souvenez-vous de moi.
D. FERNAND
Je tiendrai ma promesse.
JACINTE, se cachant le visage.
Faut-il qu'il me regarde! Hélas ! Je meurs de peur.
D. FERNAND, (i Jacinte.
Tu te caches les yeux, et je vois dans ton cœur.
JACINTE
Si vous savez, monsieur, le secret où je pense, Que ma maîtresse au moins n'en ait point connais- Elle ferait chasser Fabrice, assurément, [sauce,