‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 920 sur 1518 · SCÈNE VII LA TANTE, LA MONTAGiNE, LISETTE, PHlLIPliN · texte numérisé non relu

SCÈNE VII LA TANTE, LA MONTAGiNE, LISETTE, PHlLIPliN

LA TAXTE.

Qu'est devenu Léandre? il n'est point avec vous.

LA MOXTAGXE.

Il entretient tout bas votre futur époux. D'intention, s'entend; car, quoiqu'il se figure, La consommation n'est pas encor trop sûre. Jamais on a tenu contre les Albikracs.

LA TANTE

Je le crois.

Pas trop fou qui suit mes almanachs.

LA TANTE

Ils doivent êtrcbons; mais, avant que d'en prendre. Baron, quand vous aimez, avez-vous le cœur ten- LA MOXTAGXE. [dre?

Comment tendre ?

LA TANTE

11 m'en faut une preuve aujourd'hui.

PHILIPIX, bas à La Montagne, sans faire semblant de Ivi parler,

La Rapière pendu, ta sœur grosse de lui.

LA TANTE

Hé quoi, vous hésitez?

LA MONTAGNE

Non, ma poupine veuve.

Ordonnez, j'ai pour vous un cœur à toute épreuve.

LA TAXTE.

Un certain la Rapière...

LA MOXTAGXE.

Il fut un peu pendu Pour avoir...

LISETTE, l'interrompant.

C'est le moins qui lui pût être dû.

Affronter un baron !

LA TAXTE.

Sans doute, il est coupable.

LA MOXTAGNE.

Aussije vouslcOsbranchercommeun beau diable:

Vous l'eussiez vu...

LISETTE

Ce fut devant votre château Que vous fîtes dresser sa figure en tableau ? Si jamais il est pris, vous lui ferez grand'chère.

PHILIPIX, bas.

Pour peu qu'il parle encore, adieu tout le mystère.

LA MONTAGNE, bas.

Que diable a-t-il fait croire, et que dit celle-ci?

PHILIPIN, « la tante.

Voir que vous sachiez tout, lui donne du souci.

LA TANTE, à La Montagne.

D'un affront si cruel le souvenir vous fâche. Mais les fautes d'autrui ne sont pas...

LA MONTAGNE

Ah, le lâche!

La douleur dont m'accable un si dur souvenir... Ami pour un moment, daigne me soutenir, Je n'en puis plus.

[Il fait semblant de se trouver mal, et s'appuie sur Phi-

lipin qui luiconie tout à l'oreille.)

LA TANTE

Lisette, il faudrait...

Non, madame, Ce n'est rien.

LISETTE, d la tante.

Ces malheurs abattent bien une âme:

Plus la naissance est haute, et plus on les ressent.

LA TANTE

Qu'une fille est partout un meuble embarrassant!

LISETTE

Si j'étais que de vous, et que j'eusse une nièce, Je saurais m'en défaire aussitôt.

LA TAXTE.

Rien ne presse, Voyons auparavant quel sera mon destin.

LISETTE

Oronte a su toucher votre cœur; mais enfin

LE BARON D'ALBIK.R,\C, ACTE IV, SCÈiNE VII.

Le baron, sans réserve, aspiraat à vous plaire. Je prendrais le plus sur.

LA .M0NT.\(;NE, I'OS ù l'hilipin.

J'entends, laisse-moi fairi-.

PHU.iriX, bas (I Lu Moutaijne, Dis qn'il sera pendu tout au moins.

Page 1