‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 921 sur 1518 · I.A MO.NTAGNIÎ, (i ta (mile · texte numérisé non relu

I.A MO.NTAGNIÎ, (i ta (mile

Pardonnez Le désordre où mes sens se sont abandonnés: La douleur m'a d'abord sutToquc la parole.

],A TANTE

L'accident est de ceux dont rien ne nous console ; Et j'avoue...

LA MO.NTAGNE.

Il est vrai, je sais qu'il serait mieux Que de bonté et d'ennui j'en mourusseà vos yeux ; Mais masœur, dont le sexe est moins fort que le nôtre, A fait une folie, et j'en ferais une autre. Vivons donc, s'il vous plaît, nonobstant son délit, C'est son atTaire.

LA TANTE

Il faut vous en guérir l'esprit, Et, ponr faire finir les ennuis qu'il vous cause, Avecque la Rapière accommoder la chose.

LA MONTAGNE

Moi, j'accommoderais? Vous ne songez donc pas Que de tous cas vilains, c'est le plus vilain cas? Comment, dans un château dont l'antiquité brille. Venir deguet-apens déhonter une fdle.

Duper sa prud'homic à force de douceurs. De ma sœur ([u'elle était, la faire de nos sœurs. Et, quand il eu est soûl, lui tourner le derrière? Ah! Vous serez pendu, monsieur de la Rapière.

LA TANTE

Je sais qu'il est coupable, et je l'ai dit d'abord. Mais il est des moments où l'amour est bien fort; Et pour un pou d'empire usurpé sur son âme, Le malheureux qu'il est sera...

Pendu, madame.

A la sœur d'un baron apprendre à provigner 1

[ LA TANTE

Quoi, ne pouvoir souiïrir qu'on lâche à vous gagner, El contre un gentilhomme avoir l'ànie si fièrc?

LA MONTAGNE

Oui, pendu, lui, vous dis-je : et sa gentilhommière. Ne tient-il qu'à venir affronter des barons? Par son cou, sans ressource...

LA TANTE

Hé bien, nous le verrons.

M'aimcz-vous?

LA MONTAGNE

Les transports dont mon âme est suivie. Ne vous font que trop voir...

LA TANTE

Donnez-moi donc sa vie, Sans cela, point de foi.

LA MONTAGNE

Qui diable, en demi-jour,

Vous est déjà pour lui venu faire la cour? Vous en a-t-on appris le pays, la naissance?

LA TANTE

Signons sa grâce, après entière confidence.

LA MONTAGNE

Signons puisqu'il le faut, mais à condition Que vous ne lercz point languir ma passion. Et que, dès aujourd'hui, par bon contrat en forme. J'aurai droit de vous dire, attendez-moi sous l'orme: Sans cela pointd'accord.

LA TANTE

Vous prendre pour époux Ne serait pas, sans doute, assez faire pour vous. Manièceestjeune etrichc, allez, jevousladonne.

LA MONTAGNE

Et moi, je vousla rends; vousme la baillez bonne. Je hais ces yeux fripons dont la malignité Est, dit-on, fort sujette à la fragilité. Par la moindre douceur leur friandise émue Laisse égarer soudain leurs regards vers la nue; Etpour peu qu'un galant prenne laballeau bond...

LA TANTE

Ma nièce ne vit pas comme les autres font,

J'ai pris soin de l'instruire, et je répondrai d'elle.

LA MONTAGNE

D'accord, mais...

LA TANTE

Elle est riche, et de plus...

LA MONTAGNE

Bagatelle.

C'est à vous que j'en veux.

LA TANTE

Mes beaux anssont passés, ,1'enlaidis tous les jours.

Plaisez-moi, c'est assez.

LA TANTE

Vous ne voulez pas voir que j'avance dans l'âge, Que je n'ai plus...

LA MONTAGNE

Tant mieux, vous en serez plus sage.

LA TANTE

On m'a parlé de vous, je ne le puis nier ;

Mais sitôt que je songe à me remarier,

Les soins que le défunt prit toujours de me plaire,

Ce que, pour m'attendrir, il s'efforçait de faire,

Tout cela me ramène un souvenir si doux.

Qu'à faire choix d'un autre en vain je me résous.

Je ne suis plus moi-même aussitôt qu'il me frappe.

LA MONTAGNE

Vousl'avez bientrouvé, c'est parlàqu'on m'attrape.

LA TANTE

Que Lisette...

LA MONTAGNE

Employez et le vert et le sec, Pour me faire passer la plume par le bec. Nous verrons qui de nous y trouvera son comple.

LA TANTE

Quoi donc...

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