LE BARON DALBIKRAC, ACTE V, SCÈNE I
LA MONTAGNh.
Vous mitonoez le taciliirne Oroiile; Et si jamais l'hymen le met eatre vos bras, Vous prendrez patience, et n'en pleurerez pas.
LA TANTE
Mais si je ne sens point pour vous grande tendresse"?
LA MONTAGNE
Si je n'en sens non plus pour votre sotte nièce?
LA TAXTE.
Qu'a-t-elle de si sot pour vous en dégoûter?
LA MO.NTAGNE.
Et qu'ai-je de si laid pour me tant rebuter?
LA TANTE
Vingt milleécuspourelle ont entré dans la masse.
LA MONTAGNE
Mille barons et plus sont sortis de ma race.
La TANTE.
Mon bien, en l'épousant, vous est sur quelque jour.
Vous devenez baronne en payant mon amour.
LA TANTE
Mais quand ce ne serait que cet hymen m'importe.
LA MONTAGNE
Serviteur.
LA TANTE
A la fin la colère m'emporte.
Ah, le vilain magot qui refuse les gens!
LA MONTAGNE
Ah, la laide guenon qui jase à soixante ans!
LA TANTE
Quoi,joiudreimpudemmentle mensonge à l'Injure? Soi.\ante ans!
LA MONTAGNE
Oui, soixante, à fort bonne mesure, Et je le maintiendrai devant votre mignon, Je le connais.
LISETTE
Voyez le joli compagnon Qui nous donne des ans; elle n'en a pas trente.
LA MONTAGNE
Le blondinage a l'art de m'escroquer la tante ; Et chacun pour soi-même agissantcomnie il peut, Je laisse heureux Oronte à qui seul on en veut. Pour vous garder à lui vous m'avez fait la pièce De vouloir sottement m'endosser de la nièce. L'afTront pour un baron est un outrage indu. Mais la Rapière aussi, net, il sera pendu. Adieu, tante.