LA MORT D'ANNIBAL, ACTE IV, SCÈNE IV
SCEXE III PRUSIAS, ATTALE, AU.VXE.
Si mon abord vous nuit, je vais me retirer. Sitôt que je parais, Flaminius vous quille.
ATTALK.
Veniez-vousà dessciu de lui rendre visite? Vous n'auriez qu'à le suivre, il peut la recevoir.
PRUSIAS
Je n'ai point de secret qui m'obligea le voir. Mais si vous me soullYez un peu de confidence, Quel était le sujet de votre conl'éreuce?
ATTALE
Un projet, grand, illustre, et des plus importants. Et que je vous dirai quand il en sera temps.
PRUSIAS
S'il est tel que vos feux permettent qu'on le croie, Vous pourriez, sans péril, m'avancer celle joie.
ATTALE
Il est vrai (|u'aimant Rome au point que vous l'aimez, Vous prendrez part à l'heur qui tient mes sens char- Flaminius d'abord m'a traité derebelle; [mes. .Mais enfin, le voulant convaincre de mon zèle. J'ai su si bien entrer dans tous ses intérêts, Que par l'hymen d'Élise il comble mes souhaits.
PRUSIAS
Flaininius consent...
ATTALE
Oui, que j'épouse Élise, Vous eu voyez ma joie, en vain je la déguise. Mes yeu.x la l'ont paraître.
Et pour un si grand bien Vous avez cru devoir ne lui refuser rien?
ATTALE
Il n'est vers le sénat aucun refus sans crime. Quoi qu'il veuille exiger, il rend tout légitime; Et puis, pour un objet où brillent mille appas. Quand l'amour est pressant que ne ferait-on pas?
PRUSIAS
Quoi 1 Céder à l'amour et s'en laisser surprendre, Jusqu'à...
ATTALE
Que voulez-vous, seigneur, j'ai le cœur tendre. Et n'ai pas tant vécu qu'on doive présumer Que déjà je me fasse une honte d'aimer.
PRUSIAS
A fuir ce que l'on aime, on montre du courage.
ATTALE
Ce genre de prudence est un effet de l'âge;
Et jeune, et plein d'amour, au point où je me voi,
Peut-être seriez-vous aussi faible que moi.
PRUSIAS
Et jeune, et plein d'amour, j'aurais soin de ma ATTALE. [gloire.
Vous êtes hors d'élat de me le faire croire; Mais,puis-je de la mienne assurer mieux l'éclat.
Qu'en no prélendant rien sans l'aveu du sénat?
PRUSIAS. [compte.
C'est dont pourtant d'abord vous faisiez peu de
ATTALE
Selon l'occasion, on peut changer sans honte.
PRUSIAS
J'en pénétre la cause et j'ai quelques clartés...
ATTALE. [portez.
Songez-vous bien, seigneur, que vous vous em- Etqued'autrcsque moi soupçonneraient peut-être Que votre cœur n'est pas tout ce qu'il veut paraî- PRUSiAS. [tre.
Qui soupçonnerait-on qui put répondre mal...
ATTALE
Voyez l'ambassadeur, j'entre chez Aniiibal.