ACTE DEUXIÈME
quille, ma mère... ce serment, je le tiendrai, quoi qu'il m'en coûte d'amertume et d'affronts...
GERTRUDE, à genoux dorant Pal ma.
Mon fils, mon fils, pardonnez-moi !
PÀLMA, la relerant arec tendresse.
A genoux ! vous à genoux devant moi !
GERTRUDE, toujours grare et triste.
Ne vous ai-je pas dit, Johann, quoi qu'il vous arrive, quelque malheur qui vous accable, n'accusez que moi, mon fils, c'est moi seule qui en suis la cause.
PALMA
Vous me l'avez dit ; mais c'est impossible ; une raison, un devoir que j'ignore, vous a fait parler ainsi ! Vous ! vous coupable î et de quoi, mon Dieu ! Gomment espérezvous me tromper? Oh! vous qui parlez de pitié, c'en serait une grande, ma mère, que de me tout avouer !
GERTRUDE
Vous dites, mon enfant, que vous avez perdu à jamais le repos ?
PALMA
A jamais, grâce à ces hommes.
GERTRUDE
Que vous avez perdu le courage ?
PALMA
Le courage, oui.
GERTRUDE
Que vous avez perdu la confiance dans les hommes, et la foi en Dieu !
PALMA
Hélas!
158 PALMA
GERTRUDE
Eh bien ! voulez-vous donc perdre plus encore, mon fils !
PALMA
Plus encore !
GERTRUDE
Voulez-vous perdre le respect de votre mère ?
PALMA
Oh ! jamais ! jamais !
GERTRUDE
Résignez-vous donc, mon enfant, je partirai quand vous voudrez.
PALMA, arec embarras.
Écoutez, ma mère, il pourrait y avoir une raison puissante qui m'engageât à demeurer quelque temps encore dans ce pays... Si cette raison existe ou non, je vous le dirai ce soir.
GERTRUDE
Vous avez un secret pour moi, Johann.
PALMA
Oui, même pour vous, il doit être caché, jusqu'à ce soir au moins.
GERTRUDE
La jeune dame du château d'Arnheim, la fille du baron, ne doit-elle pas venir tout à l'heure, pour que vous acheviez son portrait ?
PALMA
Elle doit venir, oui.
GERTRUDE
Elle est belle, dit-on.
PALMA
Elle est belle.