LA CHANOINESSE, FLORINE
LA CHANOINESSE
Sauvée, ma Florine !
FLORINE
Sauvée... oui, car l'honneur vous répond du maréchal, et l'intérêt nous assure de l'autre. Maintenant nous pouvons songer à notre pauvre guidon qui gèle là dehors !
LA CHANOINESSE
Mon Dieu! que je suis tremblante... Tu resteras au moins, Florine.,
Elle s'assied a droite.
FLORINE
Oui, oui. (Eue ouvre la porte de gauche.) Venez ça, mon cavalier... Venez! moi je Vais lire. (Elle prend un litre sur la table.)
Qu'est-ce que c'est?... les cas de conscience!... Bon!... je vais chercher le mien!... Entrez... (René paraît sur la porte.)
D'abord rendez-moi ma pelisse. (Elle le fait passer dorant elle.) Et
maintenant dites à madame la chanoinesse ce que vous avez sur le cœur!
Elle s'assied et lit L\ CHANOINESSE.
Parlez, monsieur! et parlez sans crainte devant ma sœur !
RENÉ, saluant arec embarras.
Madame!... Excusez-moi, madame... mais l'émotion... le respeci... voire beauté que je n'avais pu soupçonner jusqu'à ce moment... cet accueil sévère!...
LA CHANOINESSE
Est-il sans raison, monsieur, après le scandale qui vous a introduit chez moi? Quel accueil voulez-vous que je fasse à un homme qui ne sait ni tenir sa parole ni respecter une femme?
RENÉ
Ah! madame, je vous remercie... En me reprochant si durement ma faute, vous me rendez la force de vous parler comme j'en ai le droit... Avant de quitter cette maison, avant de vous quitter vous-même pour ne jamais vous revoir... j'ai voulu vous dire, madame, que je sais maintenant ce que je vous dois... Depuis plus d'un an vous me trompez par l'apparence d'un intérêt que vous n'avez jamais ressenti... je sais que vous vous êtes jouée de moi.
FLORINE
Mauvaise tête !
LA CHANOINESSE
Je me suis jouée de vous, monsieur René... Est-ce donc lorsque je vous ai tiré du triste isolement où vous viviez à