ACTE CINQUIÈME
RENÉ
Défendez-vous, monsieur le duc !
Il redouble d'offerts.
RICHELIEU, avec une énergie croissante.
Où avez-vous pris cette épée?... Assez, assez, vous disje! montrez-moi votre épée! arrêtez!
RENÉ
Non!... non!...
RICHELIEU
Je vous l'ordonne !... je vous en prie! Ah ! vous ne voulez pas me la montrer! Eh bien, (il le désarme. René haletant et
confus demeure immobile ) Château, donnez-moi cette épée.
Château la donne à Richelieu.
RICHELIEU, examinant l'épée arec émotion.
Je ne me trompais pas!... mon chiffre!... Cette devise italienne! Monsieur René, où avez-vous acheté cette épée?
RENÉ
Cette arme n'est point achetée, monseigneur... Après m'en être si mal servi, je rougis d'avouer que c'est un présent de ma mère.
RICHELIEU
De votre mère? (a. part.) De sa mère!... c'était sa mère.
RENÉ
Ne pouvant me donner le nom de mon père, elle m'avait au moins confié son épée. (Avec amertume.) Hélas! c'était encore plus que je n'en pouvais porter.
11 cache sa tête dans ses mains.
RICHELIEU, le regardant avec intérêt.
Pauvre enfant! il croit que c'est lui qui est vaincu!...
(Haut.) Monsieur Château, courez; allez tous, qu'on lui ouvre!... dites à ces dames que je les prie de venir à l'instant.
J'y vais, monseigneur.
Il dort par la gauche précédé de dent laquait.