ACTE DEUXIÈME
OLIVARES, k part.
Quel prétentieux animal! (Haut.) Mais quelque distraction que vous donnent les dames, vous n'avez pas manqué, je présume, de vous iuformer des sentiments de la duchesse à l'égard de son mari ?
LE CAPITAINE
C'était une des recommandations de Votre Excellence, et ce que Votre Excellence me dit une fois reste à jamais gravé dans ma mémoire.
OLIVARÈS
Eh bien?
LE CAPITAINE
Votre Excellence a-t-elle entendu parler de cet oiseau rare, le rara avis dont parle Ju vénal, mon auteur favori ?
OLIVARÈS
Le phénix?
LE CAPITAINE
C'est cela. Eh bien ! le duc Fa trouvé.
OLIVARÈS
Ainsi la duchesse...
LE CAPITAINE
Adore son mari, après un mois de tête-à-tête, un mois de solitude et trois mois de mariage.
OLIVARÈS
Gela regarde le roi. Passons. Je vous avais encore recommandé une autre personne que le duc et la duchesse.
LE CAPITAINE
Votre Excellence veut parler du comte de Villa-Mediana, ce jeune poète qui fait si bien les satires? Eh bien ! j'espère, monseigneur, qu'aujourd'hui même l'objet de son amour mystérieux me # sera connu.
OLIVARÈS, Tireront.
Vous dites ?
LE CAPITAINE
Je dis que Votre Excellence veut que je répète, non point parce qu'elle n'a pas entendu, mais parce qu'elle doute ; je dis que chaque soir, de neuf à dix heures, un homme s'introduit, par-dessus les grilles du parc, dans le jardin réservé à Leurs Majestés, et s'y promène une partie de la nuit.
OLIVARÈS
Au-dessous des fenêtres de l'appartement de la reine?
LE CAPITAINE
Et de ses femmes, monseigneur.
OLIVARÈS
Oui, oui. Et cet homme ?
LE CAPITAINE
Est juste de la taille du comte.
OLIVARÈS
Est-ce tout ce que vous en pouvez dire ?
LE CAPITAINE
Je n'ai été prévenu qu'hier matin. Je me suis embusqué hier soir ; mais la nuit était noire en diable.
OLIVARÈS
Et sur les balcons, rien?
LE CAPITAINE
Si fait, une forme blanche, visible même au milieu de
a reine.