‹ Théâtre complet (volume 2)Chapitre 261 sur 280 · SCÈNE HUITIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE HUITIÈME

LE MAJOR

Tiens ! la drôle d'idée !

Il regarde par-dessus l'épaule d'Hector qui continue d'écrire. HECTOR.

A la fille, que c'est moi qui Tai noyé...

LE MAJOR, brusquement.

Ah çà ! Qu'est-ce que je vois là ?... Qu'est-ce que ça veut dire, ça?

HECTOR, sans se déranger.

Quoi donc, major ?

LE MAJOR, touchant le feuillet.

Ici, au haut de la page... « Le major... mâchoire indécrottable? »

HECTOR

Ah ! grand Dieu ! Où donc?

Ici!

HECTOR, embarrassé.

Là!... Ah! oui! oui!...

LE MAJOR

Qu'est-ce que cela veut dire, s'il vous plaît?

HECTOR

Que diable ça peut-il vouloir dire, au fait ? (Après un mou- Tement.) Ah ! je me rappelle !... Chut !

LE MAJOR

Quoi ? voyons !

HECTOR

Chut !... C'est un secret... Vous connaissez le vieux baron Moulinier?

LE MAJOR

Ah 1 Moulinier... du tout.

HECTOR

Et bien, ni moi non plus. (Haut.) Il demeure à Lausanne, ce vieillard... et à mon dernier voyage, il m'a chargé d'une commission pour son dentiste.

Bah!

HECTOR

Oui... chut!... Il a un râtelier... J'ai mis mâchoire parce que le mot ne m'est pas venu dans la bouche.

LE MAJOR

Mais... indécrottable!... Qu'est-ce que ça veut dire?

HECTOR

Indécrottable!... Il n'y a pas indécrottable... Il y a indécrochable... C'est un râtelier à pivot!

LE MAJOR

Ah ! bon ! comme le mien !

HECTOR

Bigre!... Ah!...

LE MAJOR

Chut! Allons, c'est assez bavarder... Ma femme doit être rentrée... Ma fille doit avoir achevé sa toilette... je vous envoie ces dames, et je cours chez le notaire.

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