ACTE QUATRIÈME
LE MARQUIS
Comment voulez-vous que je n'y pense pas? Ces deux cent mille francs dont votre frère m'a fait cadeau sont mon cauchemar. Quand je l'ai su, je les avais déjà donnés à ce couvent... et il eût été' assez inutile de les lui redemander, vous pouvez croire!... Le peu qui me restait, vingt-cinq mille francs environ, je l'avais placé en rentes viagères... Vous qui êtes un parfait petit notaire, mademoiselle, vous savez ce que cela veut dire... Par conséquent, aucun moyen de restituer... Je suis forcé de m'acquitter en nature... d<;s fruits de mon industrie!
LOUISE
Vous vous tourmentez de bien peu de chose. Je voudrais n'avoir pas de préoccupation plus grave, moi...
LE MARQUIS, sérieux.
Toujours le frère?... Il ne se console pas?
LOUISE
Moins que jamais... Sa santé s'altère... sa raison même m'inquiète par moments, vraiment... Vous voyez, il veut que tout soit ici comme autrefois... comme si elle devait
y rentrer demain! (Le marquis secoue la tète sans répondre.) VOUS
avez vu votre sœur récemment?
LE MARQUIS
Mon Dieu, mademoiselle, je vous dirai que ma sœur m'accueille un peu froidement depuis quelque temps... Elle n'ignore pas le caractère plus heureux de mes relations avec vous, et elle ne m'en sait pas bon gré.
LOUISE
Elle n'a pas encore prononcé ses vœux?
LE MARQUIS
Pas encore, mademoiselle; mais elle a obtenu une dispense pour abréger le temps de son noviciat, et sous très peu de jours, je crois...
LE VICOMTE, au dehor?, parlant à un rlome-tique.
Il est là!... Bien, je vous remercie!