SCENE III
LES MÊMES, LOLlbE, ,-e précipitant éperdue et les mains join.es
BLANCHE, à la vue de Louise, jette >ur le marquis un regard de reproehe.
Mon frère
LOUISE, douloureusement.
Oh ! non !... de grâce ! pas encore ! Si vous saviez ce que
* Le nwrf il, Manche. Louise.
lis LA BELLE AT BOIS DORMANT
je viens de souffrir là... en vous écoutant... quand sa vie ou sa morl était suspendue à chacune de vus paroles ! Oh ! mademoiselle, je l'aime tani !... vous qui l'avez aimé... gui l'aimez encore, n'est-ce pas? est-ce <|uc vous le laisserez mourir, dites ?
i; LANGUE, cmue.
Mademoiselle...
En ce moment les sons de l'orgue s'élèvent <le nouveau dans la chapelle, ils
ne cessent plus «le se faire entendre Jusqu'à la fin >le la .-cène, tantùt
doux al bas, tantôt paissants el impérieux, comme pour répondre aus
supplication? 'le I. I soutenir le courage de Blanche.
Car c'est la vérité, nous ne vous Lrompons pas... je vous assure... dans quelques heures total sera fini! Hélas! depuis longtemps son désespoir me faisail tout craindre... je le surveillais... je l'épiais... el ce soir même je l'ai entendu confier à un ami ses dernières volontés... faire tous ses apprêts... fixer l'heure... la place... tout! 11 a fallu après cela recevoir son baiser sans rien dire, sans avoir l'air de me douter... N'est-ce pas que c'esf affreux, mademoiselle, et que vous avez pitié de moi !
BLANCHE
Je vous plains de toute mon âme... mais ,j»' ne m'appartiens plu-. Je dois ma vie à Dieu à qui je l'ai promise... Mon frère, veillez mu- elle !
Elle veut s'éloigner.
LOUISE, avec une ardeur menaçante, la retenant.
Ail ! vous qui parliez de calme, de paix, (l'oubli tout à l'heure... quelle pais espérez-vous donc, quand vous aurez commis ce crime-là?... quand vous aurez, chaque jour, chaque nuit, ce pauvre corps sanglant sous le- yeux... quand chaque jour el chaque nuit mes pleurs, mes cris de désespoir, de folie, viendront jusque dans votre cellule... jusqu'au fond de voire tombe, vous ôter le sommeil !