ACTE PREMIER
TURGY, d'un accent plu< bref.
Ta femme ne m'a fait aucune confidence, je t'en donne ma parole; mais je suis arrivé tout à l'heure comme ta fille partait. Sa mère m'a fait pitié, j'ai voulu te le dire... et te supplier... te supplier de lui laisser sa fille.
DE CAMBRE
Ali! à cet égard-là, je comprends l'ennui qu'éprouve ma femme, et je le partage... Mais, vois-tu, j'ai des idées très nettes sur l'éducation des filles; j'entends que la mienne soit une honnête personne, ce qui devient fort rare, et j'ai voulu la souslraire le plus longtemps possible à toutes les dépravations qui pénètrent malgré nous dans notre maison par les propos du monde, les fêtes, les conversations de table, etc. Très mauvais, tout ça.
TURGY
Soit. Mais toutes ces précautions doivent avoir un terme. Voyons, rends-lui sa fille, mon ami... Je t'assure qu'il en est temps.
DE CAMBRE
L'an prochain. C'est convenu.
TURGY, lui touchant le bras, avec une insistance émue.
Je t'en prie.
DE CAMBRE, s'initant.
Ah ! tu me gênes î
Ah! Eh bien!...
Quoi donc?
TURGY, avec force.
DE CAMBRE
TURGY
Eh bien... Dieu sait s'il y a une femme au monde que
j'estime plus que la tienne, mais quand tu la désespères de ton abandon éternel, quand son cœur ne sait où se
jeter, quand tu l'entoures de tes maîtresses... et que tu oses encore lui retirer sa fille... eli bien! je ne te trouve pas seulement cruel... je le trouve... hardi!
DE CAMBRE, très froid.
Ah! trop de zèle, mon ami.
TURC- Y, aprè= un pilencp.
Pardon !