‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 190 sur 305 · JULIE, CÉCILE · texte numérisé non relu

JULIE, CÉCILE

CECILE, entrant joyeusement.

Ah ! ma mère !

Elle court à sa. inere et veut »e jeter dans se.- bras. Julie l'arrête et la regarde avec égarement, lui tenant les deux mains.

JULIE

Toi !... toi!

CÉCILE

Oui, moi... c'est Lien moi, ma mère chérie... Eh bien! tu ne m'embrasses pas?

■IL" LIE, die hésite, la repousse à demi, puis tout à coup, avec un cri.

Ali!... c'est impossible!... Ma lille! mon enfant!

Elle !a serre sur sou cœur en sanglotant. CÉCILE.

Mais tu ne savais donc pas?... mon père ne t'avait rien dit?

JULIE

Rien... rien... je ne comprends pas... Que s'est-il passé?

CÉCILE

11 a voulu te donner la surprise... Imagine-toi... nous allions monter en voiture, ma cousine et moi... avec cet aimable couvent en perspective... quand Francisque est arrivé et m'a remis ce petit billet, ce cher petit billet... Tiens, lis.

JULIE

Je ne peux pas... tu vois... je ne pourrais pas... Lis, toi.

Elle s'assoit

IUL1 !

« ÉCIL I. .

Eh bien, écoute : (iisani le billet) <■ Ma chère mignonne, plus de couvent... > — Tu entends!... « Je cède à la tristesse de ta mère et à mes propres sentiments, tu ne nous quitteras plus. Dis à Justin, de te ramener vite, vite... » Je n'y ai pas manqué, va!... « Viens dîner avec ta mère, et dis-lui que je L'aime bien!... - et dis-lui que je l'aime bien.

Elle répète la phrase >'n embrassant -a mère. JULIE prend le billet et le relit.

0 Dieu du ciel!

CÉCILE

Mais tu n'as pas l'air content du tout, tu sais?

JULIE

Comment veux-tu?... J'étais >i loin de m'attendre... je ne sais où je suis... Oh! ma pauvre petite !

Elle lui baise les mains.

CÉCILE

Remets-toi, remets-toi... calmons-nous toutes deux... Il ne faut pas que notre bonheur ressemble à du chagrin..» Tiens! sais-tu ce que nous allons faire? Nous allons nous installer là toutes deux... gentiment... arec La grande tapisserie... chacune à notre bout... et causer... et nous regarder... et nous aimer tranquillement. Veux-tu?

JULIE

Ce que tu voudras.

CÉCILE, elle approche un panier à pieds plein <le laines, de ei d'outrages ■!>■ femme.

Là! (fille déploie entre elles une bande «le tapisserie commea ans deos

extrémi I eu face «le ^a mère. — Elles travaillent.) Quelle joie,

dis! Ah! comme j'avais le cœur gros, hier soir, quand j'ai fait mon dernier point et que je me suis dit : la suite à L'an prochain!... Voilà une année qui a p..^><; rite, par exemple!... Et mon père est à Paris?

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