ACTE DEUXIÈME
JULIE
Oui... lu sais.., il y avait à faire.
CÉCILE
Comme nous le recevrons demain, n'est-ce pas?... Ainsi, ma pauvre mère, tu as passé cette triste journée toute seule. Ah! non, au fait, M. de Turgy est venu, je l'ai vu ce matin.
JULIE
Oui.
CÉCILE
Il va être content aussi, n'est-ce pas"?
JULIE
Qui?
CÉCILE
M. de Turgy.
JULIE
Oh! oui, certainement... Vois-tu... je te regarde... je n'en crois pas mes yeux...
CÉCILE, lui souriant.
C'est pourtant bien moi, je t'assure, et cette fois, pour toujours, entends-tu? pour toujours!
JULIE
Hélas!
CÉCILE
Pourquoi hélas! s'il vous plaît?
JULIE
C'est que... je pense a l'avenir... il faudra bien un jour ou l'autre me séparer de toi !
CÉCILE
Mais quand donc? Pourquoi?
JULIE
Mais... quand lu te marieras. .. par exemple...
CÉCILE
Ah! voilà bien ma mère! il lui faut toujours son chagrin... mais d'abord je te dirai que j'entends bien faire mes conditions avec l'heureux mortel qui sera mon e'poux... il faudra qu'il demeure avec ma mère... ou bien tout près... tout près de ma mère... et ensuite, vois-tu, je serai très diflicile à marier, moi.
Parce que?...
CÉCILE
Parce que j'ai beaucoup réfléchi sur ce sujet.
JULIE
Ah!
CÉCILE
Ainsi je n'épouserai jamais un jeune homme. J'adore les jeunes gens comme danseurs; mais comme maris, il- ne m'inspirent aucune confiance. Et puis ils ne m'inspirent pas «le respect non plus, et je veux respecter mon mari... Je veux avoir peur de lui... je veux un homme grayi rieux, enrayant... un maître, enfin!
Quelle enfant !
CÉCILE
Je m- dis pas un vieillard... mais un homme d'un certain ;!-'■. Il y a des hommes d'un certain âge qui sont encore très bien... mon père, par exemple, est encore 1res beau... d'autres encore... Ainsi notre voisin... M. de Turgy, sans avoir tout a fait l'âge de mon père, n'est plu- un jeune homme, H il esl très bien.
J U Ll E, li regardant an i ,
Tu ne l'aimes pas?