‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 198 sur 305 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

petite, as-tu laissé entendre ou deviner d'une façon quelconque à Turgy tes sentiments pour lui?

CECILE

Jamais, mon père.

DE CAMBRE

Non... Mais rien dans son langage, dans son attitude, a-t-il jamais pu te faire croire qu'il soupçonnât ces sentiments?

CÉCILE

Jamais rien, mon père.

DE CAMBRE

Tu es sûre ?

CÉCILE

Oh! bien sure. Il était bon et aimable pour moi; mais je sentais bien qu'il me traitait en enfant... On ne se trompe pas à ces nuances-là... et même j'en avais un peu de chagrin.

DE CAMBRE, l'embrassant.

Pauvre fillette! Si je te demande tout cela, c'est que le départ de Maxime pour l'Egypte, l'an dernier, a été si brusque, si bizarre, que j'en ai toujours cherché la cause déterminante; et comme ce départ avait justement coïncidé avec ton retour définitif à la maison, je m'étais figuré que peut-être Turgy s'était éloigné par délicatesse.

CÉCILE

Non; c'est de toute impossibilité, mon père.

DE CAMBRE

Tant mieux... Alors nous pouvons le laisser revenir?

CÉCILE, tranquillement.

Il revient?

DE CAMBRE

Il est à Paris... Voilà sa lettre... Nous ne tarderons pas

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à 1" voir, tu peux penser, et c'est pourquoi j'ai voulu avoir avec toi cette petite explication... Maintenant, ma chère enfant, je m'en fie à ta sagesse... je ne décourage pas ton je fav<»uo même que je serais ravi pour ma part de le voir se réaliser; car je ne connais pas de plus honnête homme que Turgy; de plus son âge, son nom, sa situation, tout me conviendrait à merveille... Mais enfin nous ne pouvons pas l'enlever... nous sommes fiers d'ailleurs, nous ne voulons pas nous olt'rir... par conséquent.

CECI LE

Mon Dieu ! je vous remercie, mon père; mais toutes ces précautions sont bien inutiles maintenant. Ce rêve, comme vous l'appelez, j'en suis réveillée depuis longtemps, el j<1 suis bien assurée de n'y pas retomber.

DE CAMBRE

Enfant!... On n'est jamais bien assuré de ces choses-là.

CÉCILE

Mon père, je vais vous dire toute la vérité. C'est ma mère qui m'a détournée d'un sentiment sans espoir, sans avenir, et par de telles raisons qu'il n'y aurait eu de ma part ni bon sens ni dignité à y persister.

DE CAMBRE, simplement

Ta mèrel Comment cela ?

eh ci LE.

Tenez... ce fut le soir même où vous eûtes la bonté de me rappeler comme j'étais en chemin pour le couvent. Je causais avec ma mère, et le hasard fit tomber notre entretien sur M. de Turgy. J'avouai à ma mère ce que je viens de vrais avouer, et ce fut alors qu'elle me dit...

DE Ci M LiUL, plu* f[

Qu'elle te dit?...

Mais... vous utveii mon pèi

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