‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 197 sur 305 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

CÉCILE

Vous plaisantez, mon père !

DE CAMBRE

Non; je ne plaisante pas... il me semble vraiment quelquefois que ton affection pour moi est tiède... Enfin, voyons, je suis sur que tu confies tes secrets à ta mère?... et à moi, jamais.

CÉCILE

D'abord, je n'ai pas de secrets.

DE CAMBRE

Est-ce bien certain?... Assieds-toi là un instant... Faitesmoi cette grâce, mademoiselle, je vous prie... (n la fait asseoir et s'accoude sur le canapé.) Là, maintenant, je t'e'coute... dis-moi tout.

CÉCILE, riant

Mais quoi?

DE CAMBRE

Une jeune fille de ton âge a toujours quelque secret... Voyons, qu'est-ce que disent tes danseurs0

CÉCILE

Oh! rien dMnte'ressant, je vous assure.

DE CAMBRE

Et ton cœur?

CÉCILE

De même.

DE CAMBRE

Se'rieusement, mon enfant, ne penses-tu jamais à te marier?

CÉCILE

Jamais. Je suis si heureuse près de ma mère... et de vous.

24S JULIE

Et de moi aussi... C'est très flatteur pour nous... Mais eniin on peut aimer sa mère... et même son père... et cependant se marier. Gela se voit.

CÉCILE

Oui ; mais pour cela il faut aimer quelqu'un plus qu'on ne les aime, ou du moins autant, et moi j'attends encore ce quelqu'un.

DE CAMBRE

Voilà une raison... et s'il arrivai!, ce quelqu'un... ou plutôt s'il revenait?

C Ki ILE.

Gomment? qui donc?

DE CAMBRE, s'asseyant près de sa fille.

Ma chère petite, je te vais témoigner plus de confiance que tu n'en montres. Je crois que tu as beaucoup de raison, de courage, et moine, quand tu veux, de franchise... et je vais faire appel à toutes ces qualités : à ta franchise d'abord... Me suis-je absolument trompe' quand j'ai <ru remarquer, pendant tes vacances de l'an dernier, que tu sentais un petit faible de cœur pour mon ami Maxime ?

CÉCILE

Pour M. de Turgy?

DE CAMBRE

Pour Turgy, oui.

CÉCILE

C'esl vrai, mon père.

Gentille enfant!... Maintenant c'est à ta raison et à ton courage que je vais m'adresser, s'il y a lieu. Dis-moi, chère

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