‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 201 sur 305 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

DE CAMBRE

Le cœur.'

.IL' LIE, lui jetant un regard rapide.

Oui, toujours.

DE CAMBRE

Mais enfin pourquoi ne vouliez-vous pus marier votre fille à Turgy?

JULIE

Je ne croyais pas qu'il pût lui convenir,

Pourquoi donc cela?

JULIE

Je ne le croyais pas.

DE CAMBRE, s'asseyanl près d'elle.

Cécile me parlait dîme raison grave que vous lui aviez donnée. Vous auriez fait allusion à la situation particulière de Turgy, à quelque liaison qui aurait enchaîné sa vie... Mais je ne lui connaissais aucune liaison, pour moi... Vous étiez donc, à cet égard, plus avant que moi dans sa contidence?... Enlin, que saviez-vous?

JULIE

Rien... J'ai dit ce qui me venait à l'esprit dans le moment.

DE CAMBRE

Ah! ce n'était qu'un prétexte... Mais en ce cas je comprends moins que jamais... Ou est-ce donc qui vous déplaisait, en ce garçon? N'était-il pas fort se'duisant de sa personne... Riche avec cela et un beau nom... En outre, les qualités les plus rares... une àme chevaleresque... 1 liunneur et la loyauté' même... le meilleur et le plus sûr finis... n'est-il pas vrai?

JULIE

J L" Ll E, à bout de foi

Je ?ous en prie, Maurice, ne me pressez pas davanta£

Vous voyez comme je suis souffrante.

DE CAMB int, avec violence.

Suit; mais il dépend de vous de finir tout cela d'un mot... Dites-moi seulement, car cela est un peu éti pourquoi vous détourniez si passionnément votre fille de ce mariage?

Ah! de ce mariage... comme de tout autre, allez!

DE CAMBRE

Mais encore, pourquoi?

JULIE, jetant -ou oarrage avec une ré-olution désespérée.

Vous voulez le savoir?

DE CAMBRE

Je vous en prie.

JULIE, avec une sombre éneiuie.

Eh bien!... parce que j'aimerais mieux ensevelir ma

tille de mes mains... dan- sa jeunesse, dans sa foi, dans

me '1" la vouer à la destinée qui l'attend!... Au

surplus... ne craignez rien... il y a quelque chose qui lui

parle avec plus de force et d'éloquence que je n'en ai...

notre exemple... c'esl le spectacle de notre vie .i

tous deux, de notre union, de notre intimité... de mon

bonheur!... Eh bien! oui, si c'est là le mariage qui s'offre

à nos filles, et le monde, hélas! n'en connaît pas d'autres,

je pre'fère mille fois pour la mienne, comme je l'aurais

■ : pour moi-même, la ^litude éternelle... le cloître...

la mort !

Elle -

Ah! \<">us qui 'parlez tant d< vos souffrances, -i vous voulez les épargner a votre iill". conseillez-lui d'être hon-

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