‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 24 sur 305 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Moi !... Mais, mon cher, elle me regarde comme un serrurier, moi ! Aux yeux de cette enfant qui n'est jamais sortie de son château enchanté, je suis le représentant suprême de toule cette société moderne qu'elle abhorre, de tout ce qui blesse ses sentiments, de tout ce qui la trouble et la dérange dans son rêve éternel. Je lui représente, à moi seul, Voltaire, la Révolution, la bande noire, la presse, les chemins de fer... est-ce que je sais?.,, le diable enfin !...

Allons ! bah ! Tu en ferais une folle !...

GEORGES, remaniant à sa montre.

Ah çà ! mon ami, il faut que nous partions ! (il pren.i scn

chapeau, accroché aune patère à droite.) Non ! pas folle du tOllt !...

C'est que tu n'as aucune idée, vois-tu, de l'entêtement et de l'aveuglement, naïfs ou volontaires, qu'on rencontre encore au fond de certaines gentilhommières de ce pays... Tiens, à deux pas du château, il y a le manoir... des cousins des Guy-Châtel, et plus ruinés encore... les Penmarch, la vieille comtesse, son fils et un petit-fils... Eh bien ! mon cher, c'est encore pis ! Ils n'ont jamais lu un journal... Ils passent leur vie à pêcher à la ligne... Ils tomberaient de la lune qu'ils ne seraient pas plus étrangers aux choses de ce monde... Tu leur dirais que l'Amérique est découverte... tu les pétrifierais d'étonnement !

DIDIER, riant.

Allons, mon ami !

30 I. V RELLE AU BOIS DOKMANT

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