ACTE PREMIER
réciproques el les relations de nos deux familles... lui les d'influence, de richesse, de bienfaits même... et puis, tout ce qui envenime, froissements de voisinage, mauvais procédés, rivalite's de femmes, etc. Bref, une bataille d'un demi-siècle, qui va se terminer aujourd'hui fort à leur désavantagé... car ce soir, j'entre dans leur château par la brèche !
D I ru E F! .
Comment ceb
C'est très simple. Quand le marquis actuel, Olivier-Jean, hérita, la fortune était déjà très embarrassée Sa sœur, par un procédé assez à la mode dans ce monde-là, renonça à sa part de succession pour que le chef de la famille put mieux en soutenir la dignité. Voyant cela, le marquis s'est piqué d'honneur: il a fait de sa noble sœur une sorte d'idole; il a flatté à grands frais toutes les fantaisies; toutes Les manies de la jeune fille ; il lui a donné des chevaux, des suivantes, <i<'s pages, des palais de fleur-... est-ce que je sais'?
DIDIER
Mais c'est très gentil, très touchant, cela !
GEORGES
Très touchant. — Pendant ce temps-là, il continuait sa lutte avec moi... Si je fondais une école, il réparait l'église ; si je donnais une pompe à la commune, il donnait deux cloches à la paroisse; moi, vingt mille francs à la salle d'asile, lui, le double au couvent. Joins à cela une inexpérience enfantine en affaires, des emprunts désastreux, un intendant par-dessus le marché... La ruine enfin, à toute vapeur !
DIDIER
Pauvres gens !
Eh bien! j'eus la bonté de lui tendre la perche... Je manquais d'espace pour ma colonie grandissante, .l'avais besoin, d'ailleurs, de ses bois, de ses étangs. Je lui proposai d • les acheter... très cher. 11 refusa. J'allai jusqu'à lui offrir une association entre nous. Bah! il ne daigna pas même i:i" répondre... Ma foi ; poussé à bout, j'ai acheté ses dettes... je me suis rendu son principal créancier... Je vais aujourd'hui à la ville accomplir une dernière formalité... puis ce soir, je le -ai>i> morl <»n vif sur -on fauteuil oeurial !
Il se lève.
DIDIER
Eh bien ! mon ami, je regrette que tu fasses cela.
GEORGES
Pourquoi? Si je ne 1 • faisais pas, un autre le ferait, et plus durement, je t'en réponds !
DIDIER se levé.
Mais, voyons... j'ai une grande idée, moi... La jeune till.- esl jolie, m'as-tu «lit ?...
GEORGES
Est-ce que je sais? Est-ce qu'ils m'ont jamais fait l'honneur de m'adresser la parole ? — Je la vois passer de loin à cheval, avec son frère... en velours bleu, avec une plume blanche !
DIDIER
Tu m'as dit qu'elle était jolie.
GEORGES
<>n nie l'a dit.
DIDIER
Eh bien ' fais nue chose poétique une fois en ta vie : au lieu de li ruin •! , épouse-la !