‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 300 sur 305 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

JEANNE seule, puis GASTON.

JEANNE, elle reste un moment accablée, puis se levant avec une résolution fiévreuse.

Allons!...

Elle va h la porte du fond, l'ouvre et revient se jeter sur le canapé, à droite. GASTON.

Eh bien ?

Eh bien ! ne m'abandonnez pas, car je n'ai plub que vous i

GASTON

Vous abandonner, grand Dieu!... Mais enfin que vous a-l-il dit? Que pre'tend-il faire ?

Il me rend ma liberté... il me chasse, à dire vrai, et c'est juste... je suis perdue... c'est l'abîme... c'est la honte... Mais maigre' tout je puis encore être heureuse si vous me restez, si vous m'aimez comme vous me le disiez tout à l'heure... si vous m'aimiez comme j'aime!

GASTON

Si je vous aime, Jeanne... quand vous souffrez pour moi ! Ah ! jamais vous ne m'avez été si chère.

Je veux vons croire... car vraiment la folie me prendrait... jugez... il faut que je m'en aille... Que je parte cette nuit même... Il ïe faut... il le veut !

Efle pa~se a fauche.

GASTON

Pauvre enfant !... vous allez chez votre mère ?

Chez ma mère!... Oh ! non... ma mère... je ne veux même pas la voir... je lui écrirai...

GASTON

Mais ou comptez-vous aller?

•IEA.N.NE.

Où vous voudrez... pourvu que nous quittions la France... M L'exige d'ailleurs... Vous m'aviez parlé de l'Italie... que vous aimez!

L'Italie !... L'Italie, soit. Certainement., Jeanne, je suis i vous suivre au bout du monde et avec bonheur. Mais ne dois-je pas vous laisser un peu de temps pour y réfléchir?... Ne me reprocherez-vous jamais d'avoir abusé d'une heure d'exaltation pour vous entraîner à une de'marche irréparable ?

Oh ! ne craignes rien... je vous serai éternellement reconnaissante, au contraire.

GASTON

Reconnaissante, vous! quand vous comblez tous mes vœux... Eh bien ! nous partirons... nous partirons. Mais vous n'ignorez pas que je ne suis point libre... au moins immédiatement...

Quoi donc?... vos <><eupations ? votre position à Paris?

GA S I o N .

Oh! grand Dieu, non!... si sérieuse;» que soient ces attaches, puisque tout mon avenir en dépend, ce sont des considérations trop secondaires auprès des devoirs que

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