SCKNE PREMIERE LE COMTE DE PENMÂRCH, LE VICOMTE
Tous «leu.v arrivent à gauche, le fils suivant le père d'un air mélancolique, et chacun portant une ligne i pocher sur 1 épaule. Il- se dirigent ver* les bonis do l'étang.
LE COMTE, apprêtant sa ligne .
Je crois, Charles, que nous aurons ce soir meilleure chance que ce matin.
LE VICOMTE, démêlant tristement la soie de sa ligne.
Vous croyez, mou père?
LE COMTE
Je le crois véritablement, mon iils. Le vent a tourne' au sud dans la journée... il y a même eu une apparence d'orage... Bref, j'ai bon espoir, mon ami.
* l.e vicomte, le comte.
70 LA BELLE Al BOIS DORMANT
LE VICOMTE, .lu môme ton triste.
Tant mieux, mon père.
Il fait, en démcltnt sa li-n.>. un geste d'impatience. LE COMTE.
Ne pie'tinons pas, enfant, ne piétinons pas... le poisson est sourd, mais il est nerveux, mon fils.
LE VICOMTE
Où nous mettons-nous, mon père?
Sur cette langue, mon ami... il va là, entre les roseaux,
si je ne me trompe, un bon coup de filet... (chantonnant en vieillard.) « Le roi des mers ne m'échappera pns ! » Voyons ça... (a jette sa ligne.) 11 faut avouer, Charles, qu'il y a de bons moments dans la vie... ainsi le moment où l'on se met en pêche... il y a là un me'lanpe d'espe'ranee, de crainte, qui fait doucement battre le cœur.
LE VICOMTE, jetant =a ligne.
Je ne vous gênerai pas ici. mon père?
Pas !<■ moins du monde, mon ami... ipres un silence.) Aveztrous vu Madeleine, la jeune mariée, dans mi toilette de cérémonie, mon lils ?
LE VICOMTE
l'.i- encore, mon père.
LE COMTE
Elle est vraiment loti bien... elle m'a rappelé sa tante Catherine qui était dans sa jeunesse une personne certainement remarquable...
LE VICOMTE
« Sa vous mord, mon père.