SCENE II
Le- Mêmes, LA COMTESSE DOUAIRIÈRE*, entrant à
gauche, un ouvrage de tricot à la main. LA COMTESSE, d'un ton grave et solennel.
Eh bien! mes enfants, la pèche est-elle miraculeuse.'
LE COMTE
Hélas ! non! ma mère, elle est bien maigre.
LA COMTESSE
Quoi! néant?
LE COMTE
Néant, ma mère, vous Lavez dit.
LA COMTESSE, s 'asseyant.
Eh bien! j'en suis surprise... Je croyais, mes enfants, trouver la rive couverte des fruits de vos exploits... car L'orage s'est montré un instant à l'horizon.
LE VICOMTE
Que dit ce soir votre baromètre, madame ?
LA COMTESSE
Ne me parlez pas de mon baromètre, mon petit-fils. Je oe sais plus comment le qualifier. Que penser d'un instrument qui s'obstine à indiquer la tempête quand le ciel est du plus bel azur ? Est-ce donc à moi de lui apprendre le temps qu'il fait? Encore un bénéfice des chemins de fer, mes enfants! Grâce à cette perpétuelle trépidation du sol, pas un baromètre, pas une pendule à dix lieues à la ronde qui ne batlentla campagne ! C'est un fait qui n'a pas besoin de commentaire.
l'ievin parait à gauche.
* La comtesse, le comte, le vicomte.