‹ Theatre complet. -- (volume 3)Chapitre 87 sur 305 · SCÈNE III LE MARQUIS, JÉANNICK · texte numérisé non relu

SCÈNE III LE MARQUIS, JÉANNICK

LE MARQUIS

Eli bien! qu'y a-t-il donc, enfant?

.[ EA NN1CK, très agité.

Monsieur le marquis, il faut vous sauver!... vite! je vous en prie!...

LE MA RoUl 5.

Me sauver 1... Pourquoi?...

Ils vont venir ici... tous...

LE MARQUIS

Qui donc?

JEANNICK.

Les ouvriers... les mineurs... (n regarde à ia fenêtre.) Je croyais toujours les entendre derrière moi!

LE MARQUIS

Et qu'est-ce qu'ils me veulent?

JEANNICK.

Oh! je ne sais. — Mais j'ai entendu des menaces... des paroles terribles!...

LE MARQUIS

Ah! voilà comment il se bat, ce monsieur-là?... par ambassadeurs!... Enfin, que s'est-il pass<i?... Tu lui as remis ma lettre ?

* Le marquis, Jeannick;

LA liELLE AU BOIS DORMANT JE ANNICK.

Pas à lui... je n'ai pas pu... il était allé à Chàteaulin... jusqu'à demain... Alors j'ai voulu m'en revenir... Mais la sœur est arrivée et m'a pris votre billet... Elle l'a ouvert, et elle est devenu».' toute pâle...

LE MARQUIS

Ah! je suis fâché de cela... Mais, pourquoi ouvre-t-elle les lettres adressées à son frère?... Mauvaise éducation ! en voilà le^ fruits! — Et ensuite?...

JEANNIGK.

Ensuite... elle a montré la lettre à un vieux qui se trouvait là... et elle lui a dit de sonner la cloche de l'usine et d'assembler tous les ouvriers dans la cour... puis elle m'a renvoyé durement... J'ai fait semblant de partir... et je me suis caché dans un coin derrière un grand amas de charbon... Les ouvriers remplissaient la cour comme une fourmilière... La demoiselle était au milieu d'eux comme une folle... elle leur parlait... allant de l'un à l'autre... leur disant que vous vouliez tuer son frère... et qu'ils devaient vous en empêcher... Et puis...

Il s'interrompt avec embarras.

LE MARQUIS

Quoi encore?

JEANNIGK.

Je n'ose pas.

LE MARQUIS

Va donc!...

JEANNICK.

El puis que son frère avait travaillé avec eux et pour eux toute sa vie, et que vous, monsieur le marquis, vous n'aviez jamais rien fait que chasser... el que, pour sûr, vous le tueriez... et qu'ils resteraient sans travail et sans

pain....

Page 1