‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 126 sur 285 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

CHRISTEL à part.

0 Dieu !

LE BARON

Mais vous vous avouez donc coupable ?

Je suis innocent.

LE BARON

Maître, commenl puis-je vous croire ? Tout s'élève contre vous. En ce momenl même... votre trouble... L'altération de vos traits... tout confirme le bruit qui vous accuse.

PALM A, accablé.

il esl vrai... tout m'accuse !... Mais je suis innocent.

CHRISTEL

Maître Palma, se peut-il que vous n'ayez rien de plus à dire? Oh! mon père, attendez encore... s'il disait vrai... si votre terrible justice allait s'égarer !

LE BARON

Ma tille !

CHRISTEL, à Christian*.

Monseigneur! de grâce... parlez pour lui!... Si vous L'aviez vu comme moi auprès de sa mère, vous ne pourriez le croire coupable, monseigneur!

Cil aiSTIAN, froidement.

Madame... (a part.) Elle aussi, elle l'aime...

LE BARON

Maître Palma, j'aurais voulu n'avoir contre vous que des préventions; mais j'ai des preuves.

CHRISTIAN

Qu'est-ce donc?

* Christel pa=-c â côté de Christian.

Des preuves?

LE BARON

Vous attendiez deux étrangers à l'auberge de Borghetto. Avant leur arrivée, vous leur aviez écrit un billet qui vient de m'ètre remis par le jeune maître de cette auberge. Voici ce billet. (Lisant.) « Je vous ai attendus, tous deux, jusqu'à dix heures. Dans huit jours je reviendrai. Si je ne vous trouve point, n'accusez que vous de ce qui arrivera. Je veux en finir avec vous, à tout prix. — johann. » Est-ce votre écriture?

PALMA

Oui, monseigneur. Mais ce billet n'avait rien de commun avec les deux étrangers qui ont péri : ceux à qui s'adressait ce billet sont vivants.

Çn ce cas vous pouvez me dire leur nom, et les faire paraître devant nous?

PALMA. Il lié~ite. Mouvement d'inquiétude de Franz et de Christian.

LE BARON

Puisqu'il en est ainsi!

Il va à la table et écrit*.

CHRISTEL, à part.

Perdu! hélas!

CHRISTIAN, à part, avec àuie.

0 généreux enfant! Non, je ne puis le laisser mourir ainsi, (au baron.) Monsieur d'Arnheim, je vous demande la grâce de ce jeune homme. Le jour qui unit nos deux familles ne doit être un jour de malheur pour personne...

* l'aima. Christel. Christien, 1" baron, Fran/,

ACTE TROISIÈME Au ii"in de votre lille... et de mon fils... je vous demande

«'rit'

LE BARON

CHRIST1AN

Je sais, monsieur, que toutes les apparences l'accablent. Je vois qu'il ne se défend pas; mais sa vie passe'e le de'fend bien haut. Sous ce silence étrange, obstiné, qui sait s'il ne qous cache pas un malheur ou une vertu plutôt qu'un crime? Monsieur d'Arnbeim, croyez-moi, ne chargez pas votre conscience de cette douteuse justice, que le jour de demain appellerait peut-être une sanglante méprise. Faites grâce à ce jeune homme I

LE BARON, se lovant.

Eh bien! que Dieu le juge. Partez donc, monsieur, parte/.: quittez aujourd'hui même ce pays... Quittez l'Allemagne...

Monseigneur, je ne suis pas coupable, je ne veux pas de -race.

LE BARON

Mais c'est de la folie.

l'ALMA.

i de la fatigue, je veux mourir.

CHRISTEL

Vous oubliez que vous n'êtes pas seul au monde, maître

Pal ma.

Il est vrai... il est vrai... C'est que ma tête se trouble... Monsieur le baron, j'accepte, non pour moi, mais pour ma mère.

CHRISTEL

Mais ces paysans qui assiègent le château ne le laisseront point sortir.

LE BARON

En effet.

CHRISTIAN

Je vais raccompagner avec mon fils; et si l'on s'oppose à notre passage, j'affirmerai, s'il le faut, que c'est à nous que ce billet s'adressait, (a paima.) Venez, monsieur.

PALM A, amèrement.

Ah! monsieur,... monseigneur!... Quand pourrai-je vous payer tout ce que je vous dois?

CHRISTIAN

Assez. Partons.

Ils sortent.

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