ACTE PUE MI El
LA DUCHESSE
Monsieur le duo, je ne feindrai pas d'ignorer le motif de ai des lomnies dont je snis la rictin donl •■ • fort inn tt. Ne bs justiticz
: - ivais h rous accuser, faites-moi L'honneur »ire que je - renne ver- vous. J
de la cour pour ne pas savoir que l'on doit tout attendre du duc d'Albuquerqxi • he action.
Adieu, monsieur le dur.
LE DUC
Mais n'aviez-vous rien à dire à l'ami de votre pèi
LA DUCHESSE
•)',ii à lui exprimer mon profond regret que ce soit lui justement qu'on ait choisi pour me perdre, lui dont le souvenir m'a toujours été, je ne dirai pas cher, mais sa
II? descendent la - LE DUC.
Mon souvenir, à moi ? Et comment donc ai-je le bonheur, madame, d'être autre chose pour vous qu'un étra:.-
LA DUCHESSE
Vous alliez partir pour les Indes où mon père vous rejoignit plu- lard, et où il mourut ; vous vîntes prendre de notre famille : mon père m'appela : j'étais tout enfant ; je jouais dans le jardin , j'a<vourus. Il me ; entre vos bras, je > . . nnemenl : Oui, Diana, me dit-il, regarde-le encore longtemps, et qn traits se gravent dans ta mémoire. Tu ne sais pas encore. mon enfant, ce que c'esl qu'un héros, tu le sauras un jour. Duc, ajouta-t-il, embrasse* ma fille, je crois à la bénédiction du génie. A nt mon front ; l'instant d'après, vous étiea parti, et vous m'aviez oubliée. (Test bien simple et il en fut bien autrement : la jeune fournissements naïfs, - - -
nirs obstinés. Ces parole de mon p : I .est un hé: -
demeurèrent constamment dans mon esprit ; puis lorsque je grandis, et que j'entendis raconter vos combats dans l'Inde, vos chasses terribles, vos splendeurs royales, toutes ces choses, enfin qu'on disait n'appartenir qu'à vous, et qui mettaient votre nom dans toutes les bouches, je me rappelais ce que mon père m'avait dit, et je répétais joyeuse : C'est un héros! et, avant de nous quitter, ce héros m'a embrassé au front.
LE DUC
Pauvre enfant !
LA DUCHESSE
Quand j'appris que vous reveniez, que j'allais vous revoir, ce fut comme une fête dans mon cœur , j'avais perdu mon père, puis ma mère, mais il me semblait que je n'allais plus être si orpheline, puisque vous reveniez. Le jour de votre entre'e à Madrid fut fixé, notre maison se trouvait slip la route que vous deviez suivre, je me cachai sur le balcon, derrière la jalousie. Le peuple, longtemps avant, votre présence, criait : Vive le duc d'Albuquerque ! comme il eût fait pour un roi. Enfin je vous vis paraître... Vous montiez un cheval blanc comme de la neige. En arrivant sous ma fenêtre, un drapeau qu'on agita le fit cabrer, je jetai un cri de terreur, et je poussai la jalousie devant moi comme pour vous retenir. Le bouquet que j'avais à la main m'échappa et tomba à vos pieds, et vous, sans descendre de cheval, vous l'enlevâtes avec voire e'pe'e. Alors, comme si c'eût e'te' un signal, une pluie de fleurs tomba sur vous de toutes les fenêtres ; vous, monsieur le duc, vous saluâtes de la tête et de la main, mais sans ramasser une seule de ces fleurs : j'étais lière et joyeuse. Je comptais sans la calomnie : ce bouquet tombe' à vos pieds, on crut que je l'avais jeté. Ile là, sans doute, cette fable inventée pour me perdre, et qui poursuit jusque dans sa retraite une orpheline dont vous aviez eu le temps d'oublier jusqu'au nom, jusqu'à l'existence.