ACTE QUATRIEME
RERMANN.
Maître.
Allons. Il të faut, M le faut, lu pars, n'est-ce pas? Noti notis reverrons, Hermann. Les temps changeront, \ mon ami.
HERMANNi
esl bien dur. maître.
(Tes! la nécessité qui parle* crois-moi... Encore un mot.
(il prend la bourse sur la table.) Tll eS pauvre COII1I1U' mOl ; HOUS
ayons vécu en frères, séparons-nous t-n frères. Prends, Hermann, prends; songe qu'il est aussi généreux parfois d'accepter on service que de le rendre... Celui qui ne sail icevoir de la main d'un .'uni, n'a pas toutes les vertus de l'amitié... Adieu...
Herroann pren-1 la bour-.- en tremblant : il fait lentement 'leux ou trois pas pour s'éloigner.
PALM A, très ému, et se contenant.
Tu sais, sans doute, quel chemin prendre? Où comptestu aller ?
HERMANN
Je ae sais pas.
>";i--iu pas des parents, une famille?
Il E R M A N N .
Non*
Mais tu ne peux partir ainsi, au hasard, sans avoir un but. Où iras-tu, enfin l
HERMANN, se retournant.
Écoutez-moi, maître Palma : j'ai ve'eu tristement entre vous et votre mère, dans cette pauvre maison toujours en deuil ; jamais une heure de gaieté, jamais un sourire, et, ce qui m'a été plus sensible, jamais une confidence amie. Devant vous, devant votre visage toujours contraint et sombre, je tremble sans cesse, comme un écolier en faute. Voilà ma vie... Eh bien !...
PALMA
Eh bien ?
HERMANN, très ému.
Et bien ! cette vie-là, maître, laissez-la-moi, car je ne sais comment cela se fait, mais auprès de vous tout me plaît, et j'aime mieux la tristesse ici que la joie chez d'autres... J'ai voulu vous dire cela avant de partir... Je n'ai pas de famille, pas d'amis ; je n'ai que vous au monde... et à présent... vous pouvez toujours me chasser, maître Johann. Oui. vous le pouvez... mais vous voyez bien que tout sera Uni pour moi... et que je ne puis pas, non, que je ne pourrai jamais m'en aller plus loin que le seuil de votre porte.
PALMA, à part.
0 mon Dieu! (Haut) Entends-moi, Hermann, entendsmoi... Je remercie Dieu... C'est la première fois depuis que je vis... Hermann, ce que nulle gloire, ce que nul triomphe humain n'a pu faire sortir de ce cœur, une bénédiction pour la Providence, ta simple bonté vient de l'en arracher... Vois, cher Hermann, j'ai souffert tout ce qu'un homme peut souffrir, je viens à l'heure même d'être insulté, abreuvé d'amers outrages... Mes yeux sont demeurés secs... Eh bien! vois, maintenant je pleure, je pleure. Merci, mon ami.
Il l'embrasse.