SCÈNE II
LES M Ê MES, G 1 1 II I S T E L , en robe blanche. CHRISTEL, venant du fond -'i droite.
Voilà bien la colline... c'est ici...
RO S Cil EX, à part.
Comme elle semble triste! (Haut, faisant la révérence.) Votre servante, madame.
JUSTES, passant à droite et se tenant toujours éloigné.
Je crois que la malheureuse lui a parlé !
CHRISTEL, avec effroi.
Des étrangers !...
ROSCHEX.
Oh ! ne craignez rien, madame, c'est Jus tus, mon fiance'; et moi, je suis la petite Roschen, de Borghetto; si vous avez perdu votre route, nous vous aiderons à la rein.uver.
Oh ! ces femmes !... quoi! il faut que cela jase, fût-ce avec le diable !
CHRISTEL
Je vous remercie, mon enfant... je ne me suis pas trompée de route... C'est bien ici que je voulais venir...
ROSCHEX.
Au cimetière du Lac ?
CHRISTEL
Oui... au cimetière du Lac... je croyais le trouver de'sert à cette heure de nuit, et...
Oh ! je vous comprends bien, madame... vous voudriez être seule... je vois que vous avez des larmes dans vos beaux yeux... et je sais bien qu'on aime à être seul quand on veut pleurer...
CHRISTEL
Chère enfant, mon chemin conduit à une tombe, le tien, à la maison de ton fiance... que Dieu t'accompagne, innocente tille !
r o s c II e x .
Adieu, chère bonne dame... je veux prier pour vous, et pour celui que vous venez pleurer... dites-moi son nom ?
CHRISTEL
Prie pour les malheureux, pauvre enfant; et tu prieras pour lui et pour moi... Adieu !
ROSGHEN.
Adieu ! Oh ! je prierai, je prierai pour vous...
Elle s'éloigne lentement à droite.
JUSTES, à Roschen.
Je te disais bien, moi, que ce n'e'tait qu'une femme !
Ils s'éloignent par le fond à droite.