ACTE PREMIER J
LA DUCHESSE
Oui, c'est Mai, vous avez raison : ne songez donc plus à moi, duc. J'ai souvent rêvé à la situation dans laquelle se
trouve une jeune fille noble et sans fortune, menace'e dans son honneur, et j'ai pris d'avance ma résolution. Peut-être cette résolution serait-elle déjà accomplie, mais la tendre amitié de la reine m'a fait hésiter longtemps. Maintenant, je comprends que cette amitié ne peut plus nie défendre et <{ii"il me faut une protection plus puissante que celle que peut m'accorder une reine.
LE DUC
Que voulez-vous dire ?
LA DUCHES Si;.
Qu'au-dessus des trônes il y a le ciel, qu'au-dessu> des rois il y a Dieu.
LE DUC
Vous, dans un cloître, madame !
LA DUCHESSE
C'est un refuge ouvert aux orphelins par le père de tous.
LE DUC
Dites que c'est une tombe ouverte au desespoir, (n replace
..■-. Ave- .'haieur.) Oh ! non, vous ne vous séparerez pas de
moi en emportant ce projet désespéré. Je ne veux pas <Hre
complice d'un meurtre ; on vous a jeté mon nom comme
une flétrissure.
LA DUCHESSE
Duc, je croyais vous avoir dit que si je restais à la cour, j'étais perdue.
Rien ne peut donc rompre ce dessein funeste ?
LA DUCHESSE
Non! rien... de ce qui e-i possible du moina
LE DUC
Ainsi, c'est à Dieu seul que votre fierté' souffrirait d'être enchaînée, et ce n'est que ce maître suprême...