‹ Theatre complet. -- (volume 4)Chapitre 15 sur 285 · ACTE PREMIER J · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER J

LA DUCHESSE

Oui, c'est Mai, vous avez raison : ne songez donc plus à moi, duc. J'ai souvent rêvé à la situation dans laquelle se

trouve une jeune fille noble et sans fortune, menace'e dans son honneur, et j'ai pris d'avance ma résolution. Peut-être cette résolution serait-elle déjà accomplie, mais la tendre amitié de la reine m'a fait hésiter longtemps. Maintenant, je comprends que cette amitié ne peut plus nie défendre et <{ii"il me faut une protection plus puissante que celle que peut m'accorder une reine.

LE DUC

Que voulez-vous dire ?

LA DUCHES Si;.

Qu'au-dessus des trônes il y a le ciel, qu'au-dessu> des rois il y a Dieu.

LE DUC

Vous, dans un cloître, madame !

LA DUCHESSE

C'est un refuge ouvert aux orphelins par le père de tous.

LE DUC

Dites que c'est une tombe ouverte au desespoir, (n replace

..■-. Ave- .'haieur.) Oh ! non, vous ne vous séparerez pas de

moi en emportant ce projet désespéré. Je ne veux pas <Hre

complice d'un meurtre ; on vous a jeté mon nom comme

une flétrissure.

LA DUCHESSE

Duc, je croyais vous avoir dit que si je restais à la cour, j'étais perdue.

Rien ne peut donc rompre ce dessein funeste ?

LA DUCHESSE

Non! rien... de ce qui e-i possible du moina

LE DUC

Ainsi, c'est à Dieu seul que votre fierté' souffrirait d'être enchaînée, et ce n'est que ce maître suprême...

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